Tuesday, 11 December 2018

A AFRIQUE

Tuesday, 27 November 2018 08:08

Immigration (11/11) : une aventure complexe

Un migrant guinéen Un migrant guinéen Photo crédit : Guineedecalee.com

(Du satirique !) L’immigration irrégulière est à la mode à Condébilidougou. A ce jour, le bled occupe la quête de peloton. Il est l’un des plus gros fournisseurs d’immigrés clandestins. Nous avons papoté avec Cellou. Il nous rat conté son aventure après avoir largué sa famille, dans l’espoir de rejoindre l’Europe. Mais mal lui en a pris. De retour, dans son pays, il a repris son taf. Plus question pour lui, de bouger de son bled, sans un visa en bonne et due forme.

Dans un atelier, au quartier Bang-ghetto, dans la commune de râteau-mat, Mamadou Cellou fabrique des chaussures, des bracelets, des vases, etc. aux couleurs de Condébilidougou. Tout souriant, il expose ses œuvres. Mais ce sourire cache les séquelles d’une aventure dont les fantômes le hantent encore. Quand il quittait sa famille et abandonnait son travail en mai 2016, il était loin d’imaginer qu’il passerait par toutes sortes de galères dans le désert entre le Mali, l’Algérie et la Libye.

Avec sept millions de francs gluants soit sept cents euros gagnés de son travail, il se bombe le torse et projette d’aller chez les Fôotés (blancs en langue soussou). Le zozo pense que cette maudite somme peut le faire tâter l’Europe ? Il quitte alors Con-à-cris, dure-érection le désert Malien, dans l’espoir de rallier l’Italie via le désert. Mais il a tout faux. Le désert ce n’est pas pote de quelqu’un. Aujourd’hui encore, il en parle avec émotions. Difficile d’oublier quand on est passé si près de la faucheuse : « ce qui m’a poussé à partir, c’est le fait que beaucoup de mes amis sont partis, via le Mali. On a été entassé dans des camions comme des bêtes. J’ai failli mourir. J’ai vu tellement de gens mourir ! Dans le désert, les gens se faisaient déchiqueter par des chiens. On voyait le reste de morceaux d’êtres humains sur notre passage, des sacs, des habits, des chaussures. Difficile d’oublier tout ça. Les passeurs nous ont pris nos téléphones. Le pire, c’est qu’on devait tout le temps demander de l’argent à nos parents ici. Ils appelaient nos parents ici et nos pinçaient les oreilles afin qu’on crie pour que nos parents leur envoient de l’argent. J’ai cru que j’allais mourir. Mon ami avec qui je suis parti est mort sous mes yeux. Il a criait tellement fort que sa bouche s’est fendue. Elle saignait chaque fois qu’il l’ouvrait ».

Après tout ce calvaire, Cellou arrive à Oran. Une ville de l’Algérie où il passera quelques semaines. Mais faute de taf, il choisit d’avancer. De la ville d’Oran, il se rend à Alger. Et là la chance lui découvre quelques dents. Il tombe dès son arrivée sur neuf français qui tiennent un restaurant par l’intermédiaire d’un ami. Le petit Condébilika est aux anges. Il danse le toupoussëssë (danse traditionnelle peule). Il est payé 1500 dinars le jour, un peu plus de 10 Euros. C’est beaucoup pour quelqu’un qui a eu du mal à becter pendant des jours. Son patron qui l’aime plutôt bien lui facilite les choses. Son talent se révèle très vite. Avec tout ce qu’il a subi, il n’a pas laissé se perdre son aiguille, son principal outil de travail : « J’ai fait un petit objet et j’ai fait des dessins. Mes patrons m’ont dit que ce n’est pas possible. Si je pouvais faire ça, je n’aurais pas quitté mon pays, parce que j’ai un métier. Je lui ai dit d’envoyer ses chaussures et des fils de ses couleurs préférées. Parce que je suis parti avec mon aiguille. J’ai tout fait pour ne pas la perdre. J’ai travaillé sur ses chaussures, je les ai ramenées après trois jours. Il était content. Il m’a encouragé à travailler pour moi-même. Il m’a aidé à avoir les papiers me permettant de travailler. J’y suis resté et j’ai fait des bracelets pour plusieurs jeunes. J’ai même dessiné pour des écoles ».

L’heure du retour à Condébilidougou a sonné

Toujours pas satisfait de sa situation, il décide de se mettre en route pour le Maroc sans dire au revoir à ses patrons. Le gone galère sur la route. Il décide de rebrousser chemin  pour la Libye, pour soit passer en  Europe, soit revenir. Là, lui et ses compagnons sont présentés à un juge qui leur donne une semaine pour quitter le territoire Libyen. Dans la forêt, il supplie des passeurs de le mettre dans un bateau avec 10 mille dinars. Il réussit son coup après s’être plié par dix, parce que la somme qu’il avait était insignifiante. Son bateau a failli couler. Mais il s’en sort grâce aux gardes côtiers qui leur ont signifié que leur bateau n’était pas dans la liste de ceux qui avaient été ‘’négociés’’. Les gardes côtiers les tiennent et les utilisent. Les mecs deviennent des ramasseurs de cadavres le long des côtes. Cadavres qu’ils mettaient dans des fosses communes qu’ils ont creusées. Il fallait les ramener. De là, ils ont été embarqués dans un des bus pour le Niger : « On était plus de 160 Guinéens dans 14 bus. On  est arrivé au centre de l’OIM d’Agadez. Ils nous ont ramené jusqu’au Mali. Ils ont contacté le gouvernement guinéen qui n’a rien fait. Mais quelques heures plus tard, OIM Guinée a appelé pour dire qu’ils prenaient en charge notre retour. Ils nous ont ramenés en octobre 2017. On apprend que les rapatriés de beaucoup de pays ont reçu chacun deux mille euros, et nous rien. Le jour où on est rentré à Conakry, ils nous ont donné chacun 50 euros au siège de l’OIM et un téléphone. Ils nous ont dit qu’ils nous rappelleront plus-tard ».

Grand est-ce qu’on t’a dit que c’est forcé ? Vous réclamez comme si c’était eux les res-con-sables de ce que vous avez subi dans le désert. Le sable a dû vous traumatiser. Il y a deux mois, ils ont été contactés. L’Organisation Internationale pour les Migrations leur propose de faire un groupement de cinq à dix personnes pour un projet commun qu’ils vont financer. On lui a signifié plus tard que lui, il pourrait bénéficier rapidement d’un financement parce qu’il a un métier.

D’ici là, il gère son business tranquille à Bang-ghetto. Le petit fait des chaussures et autres accessoires. Il fournit un des plus grands art-tristes chanteur pour ses clips.

Voyons ce que nous dit le sinistre de la jeunesse et de l’emploi des jeunes

Côté auto-risé, on crie haut et fort qu’il y a bien une politique de réintégration des jeunes rapatriés avec l’appui de l’Organisation Internationale pour les Migrations. Notre sinistre bégayeur bouscule les maux tant bien que mal. Il fait l’atalakou du travail qu’ils font avec les partenaires. Parce que c’est impossible pour eux de se charger de tout ça : « L’OIM travaille de façon volontaire à rapatrier des jeunes se trouvant en Libye et dans d’autres pays et en leur trouvant aussi des opportunités d’insertion. L’OIM insert souvent les jeunes rapatriés dans des opérations d’assainissement pour leur permettre de bénéficier d’une rémunération ». Quand tu as ramassé des cadavres, ramasser des ordures devient un travail de bourgeois. Lire la suite en cliquant ici.

Last modified on Tuesday, 27 November 2018 08:13

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