Sunday, 21 October 2018

E ENVIRONNEMENT

Monday, 01 October 2018 18:43

Urbanisation : ce que l’Afrique va faire, personne ne l’a fait avant elle

Une vue partielle sur la ville africaine Une vue partielle sur la ville africaine Photo crédit : RFI

Les villes africaines croissent de manière galopante. Une urbanisation soutenue par l’exode rural. Si rien n’est fait avant les prochaines décennies le continent risque d’être atteint par de nombreuses catastrophes sans précédent. L’option incontournable pour les pays africains est de penser à des villes durables.

Selon Dr Moussa Dembélé, Directeur de l’Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture (EAMAU), les villes africaines doivent désormais refléter les réalités africaines. « On fait une ville pour des populations et il faut connaitre sa population, savoir identifier les ressources de la localité pour en faire les paramètres de la planification. Nous sommes en train d’œuvrer pour qu’on puisse opérer une autre ville parce que la ville africaine doit toujours rester africaine avec les réalités africaines ; notre manière de vivre, de produire, de façonner…cette connexion n’était pas fait au début des années de l’indépendance. On voulait imiter les villes européennes mais finalement nous sommes rendus compte que chaque ville, chaque localité avec ses propres réalités », fait-il savoir.

Les villes africaines, poursuit l’Architecte, doivent revenir à des réalités africaines. « Avec cela, on pourra résoudre les problèmes d’ordre économiques, culturels et social. Ce qui doit se faire aujourd’hui est de traduire les habitudes des populations dans les planifications. C’est ça qui pourra nous amener à des notions de ville durable en Afrique. Et cela va répondre aux besoins des populations dans les villes africaines », affirme Dr Moussa Dembélé.

Une situation qui doit passer forcément par la maîtrise et la gestion des déchets

Une prise de conscience générale s’impose en la matière. Selon Edem d’Almeida, Entrepreneur et Directeur Général de Africa Global Recycling, résoudre le problème des déchets en Afrique et plus particulièrement au Togo doit passer par une prise de conscience. « C’est d’abord le rôle du citoyen. Chacun doit d’abord agir à son niveau », souligne-t-il. Aussi, précise ce dernier, qu’il existe un certain nombre de mesure entre autres la collecte, la récupération et l’envoi des déchets dans des décharges ou vers un centre d’enfouissement. Maintenant, renseigne l’Entrepreneur, au travers de cela, il y a aussi des économies qui existent sur des décharges. « Il appartient à nos gouvernants de prendre en compte tout cet ensemble et de structurer une filière de valorisation des déchets en Afrique et au Togo. Le déchet est pour quelqu’un ce dont il n’a plus besoin mais pour quelqu’un d’autre une matière première », confie Edem d’Almeida.

Par ailleurs, le Président français, Emmanuel Macron, au cours d’un discours prononcé à l’université Ouaga1 (Burkina-Faso),  en novembre 2017, disait : «  500 millions d’urbains en plus sur le continent africain en 2025. Personnes n’a jamais relevé un tel défis. Ce sera votre défis ou notre. Cela peut être une chance ou cela peut être une catastrophe ». Ainsi, ce qui attend le continent africain dans les années à venir est lourd. Ce que l’Afrique va faire, personne ne l’a fait avant elle. La ville durable que doivent bâtir désormais les pays africains notamment ceux de l’Afrique subsaharienne, devrait prendre en compte de nombreux aspects et surtout s’inspirer des réalités locales. Il s’agit entre autres, d’aborder les questions liées au logement, à l’éducation, au patrimoine culturelle, au transport, à l’énergie et à l’eau de façon coordonnée.

Un débat avec les jeunes lycéens, à Lomé, sur le phénomène

Plus de 1000 élèves du lycée technique d’Adidogomé (Banlieue Lomé) ont assisté, vendredi 28 septembre 2018, à un débat autour du thème : « Des villes et des hommes. Défis et opportunités de l’urbanisation en Afrique ». Cette rencontre qui s’est déroulée à l’Amphithéâtre du dit lycée, a connu la participation d’imminentes conférenciers notamment le Directeur de l’EAMAU, Dr Mousa Dembélé ; l’Ingénieur en Electricité, Bolidia Tièm ; et l’Entrepreneur et Directeur Général de Africa Global Recycling, Edem d’Almeida.

Les élèves sont entretenus entre autres sur les notions d’urbanisme, de gestions de déchets, de planification et des énergies renouvelables. Ces présentations sont entrecoupées de projections sur l’aspect des villes africaines et ce que cela deviendra si rien n’est fait d’ici peu. Les lycées sont invités à penser la ville africaine de demain. Ils n’ont pas manqué à poser des questions sur les thèmes développés. Les conférenciers, tout en apportant des réponses aux questions des élèves, n’ont pas manqué de leur rappeler qu’ils ont un rôle déterminant à jouer.

Cette rencontre, selon le chargé à la communication de l’Institut français du Togo, Morgan Rohel, se situe dans un cycle de débats dénommé « l’Afrique en débat », mené par le service de coopération de l’Ambassade de France avec l’appui de l’Institut français du Togo. « C’est le quatrième débat de l’année », souligne-t-il.

Faut-il le souligner, le gouvernement Togolais a lancé, en décembre 2017, un processus de dotation des villes du pays, de schémas directeurs d’aménagement urbain. Objectif, aller vers l’organisation générale du développement en matière des infrastructures routières  et de réaménagement de l’espace urbain. Vision, porter  le taux d’urbanisation de 41,5% en 2015 à 44% en 2018. Parallèlement à ces schémas directeurs, est lancé un vaste projet de construction de logements sociaux. L’ambition des autorités togolaises est d’atteindre 2500 logements par an avec, en ligne de mire, 20 000 logements en 2022.

Atha Assan

Last modified on Monday, 01 October 2018 19:04

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