Wednesday, 23 January 2019

E ENVIRONNEMENT

Wednesday, 26 December 2018 14:38

Déchets (7/11) : Aïssatou Traoré, une femme guinéenne qui émerveille

Déchets (7/11) : Aïssatou Traoré, une femme guinéenne qui émerveille Photo crédit : Guineedecalee.com

(Du satirique !) Aïssatou Traoré fait les poubelles de con-à-cris pour faire des meubles à partir de pneus qu’elle ramasse dans ces décharges. Aujourd’hui elle gère une petite entreprise et gagne son pain grâce à  ce recyclage. A sa façon, la jeune dame lutte contre l’insalubrité dans la capitale et ça lui rapporte quelques billets.

Quand elle se promène à pied ou dans son véhicule, dans les quartiers sales de la capitale, ce sont surtout ses yeux qui font le gros du taf. Ils détectent les endroits où il y a une grande quantité de pneus usés, mais pas totalement pour en faire des meubles. Oui des pneus usés sont actuellement dans des bureaux, des salons et autres coins de maisons à Con-à-cris. Avant que ces poufs pneus soient de jolis meubles, il faut abattre un travail gigantesque. Elle se transforme en peintre, menuisier, mécanicien, soudeur et même en couturière pour enfin admirer le beau travail « il faut d’abord aller détecter un endroit où il y a au minimum trente pneus, je déplace le minibus, on y va. Je sélectionne d’abord, les pneus, parce que ce n’est pas tous les pneus qui sont réutilisables pour les poufs, les tables et autres articles. Il faut s’assurer que ce n’est pas trop usé et que les fils de fer ne sortent pas. On les envoie ici, ensuite on les lave avec du détergent et de la javel pour désinfecter. On les laisse sécher, puis on commence l’habillage, on met une première couche de peinture. On met le tissu selon la commande du client. On habille avec des tissus qu’on cout avec la machine que vous voyez là. C’est un travail de plusieurs personnes qu’on fait pour ça. Il nous faut 48 heures minimum pour le faire  ». Un véritable travail de lionne.

D’où lui est venue l’idée de recycler des pneus pour en faire des meubles?

Tout est parti de la rente contre en 2016 avec une dame Kényane qui recyclait des pneus. Aïssatou a appris à faire des poufs pneus  avec elle, durant son bref séjour. Il fallait l’aider à revendre ses articles pour pouvoir payer sa formation. Ce qu’elle a fait. Après le départ de la maitresse, la jeune dame s’est mise à la tâche, il fallait commencer le job. Elle crée Kahiry Rox en septembre 2017. La tâche  n’a pas été facile mais qu’est-ce qu’elle ne ferait pas pour sauvegarder l’équilibre de l’environnement « ça se passe plutôt bien. Parce qu’au départ il fallait convaincre les gens à l’idée d’accepter des pneus qui viennent de la décharge, de la rue. C’était difficile de faire comprendre aux gens le concept de recyclage pneus, leur faire comprendre qu’on peut donner une nouvelle vie à ces pneus, les intégrer et les adapter, mais je n’ai pas abandonnée. Et aujourd’hui les gens ont carrément accepté. Ils sont attirés maintenant par le côté esthétique. J’ai eu de la chance que de grandes entreprises s’intéressent à ce que je fais  ».

Aïssatou Taroré est diplômé en journalisme et communication. Quelques mois de pratique et elle s’est rendue compte que le micro n’était pas fait pour elle ou elle n’est pas faite pour le micro. Elle devient ensuite commerciale d’une entreprise, puis responsable commerciale et même comptable. Elle a commencé Kahiry Rox avec 500 mille francs gluants soit 50 euros, mais elle y a cru « je n’avais pas tout le matériel. Je suis ensuite allée vers un ami à qui j’ai expliqué le concept. Il m’a demandé de faire un modèle que j’allais lui présenter. Je l’ai fait assez vite en une journée. Je lui ai présenté le modèle, ça lui a plu. Il m’a passé trois millions (300 euros). Je suis directement allée louer un atelier où je pouvais exposer ce que j’allais produire. J’ai commencé à vendre en ce moment au même cout de production ». Mais les choses ont changé les amis, aujourd’hui un fauteuil qu’elle fait coûte entre 250 et 750 mille l’unité selon la taille et la commande. Donc si vous n’avez pas confiance à votre poche, ne vous approchez pas d’elle.

Elle participe à sa façon, à la lutte contre la pollution de l’atmosphère

Aissatou se bat contre les ordures dans la capitale guinéenne certes et elle se fait de l’argent. Deux choses qui peuvent la rendre fière « Conakry est sale, on ne peut le nier, mais il faut que chacun de son côté, agisse. Et moi j’ai choisi cette façon d’agir et en même temps je gagne ma vie. Pour l’instant ce sont les pneus et les bouteilles en verre qui m’intéressent mais peut-être je pourrai aller vers les déchets plastiques. Les moyens me manquent pour l’instant. Je ne peux faire grand-chose mais je fais ce que je peux.  A côté, nous faisons des oreillers que nous recouvrons avec du Wax. On découpe les mousses qu’on met dedans et on cout. Les gens aiment bien ». Lire la suite en cliquant ici.

Last modified on Wednesday, 26 December 2018 14:45

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