Saturday, 17 August 2019

E ENVIRONNEMENT

Thursday, 19 July 2018 18:22

Alerte : à Baguida, l’océan monte et surprend les populations dans leur chambre

Erosion côtière à Baguida Erosion côtière à Baguida

Difficile de dormir paisiblement la nuit à Baguida (7 km Sud-Est de Lomé). Des bourdonnements assourdissants, la montée du niveau de la mer accompagné des débordements. C’est ce que vivent les populations de l’ancienne capitale du Togo ces derniers moments. Ce phénomène qui n’est pas si nouveau prend une allure sans précédent. Des maisons, des églises et tout un village ont déjà payé le grand prix. Une visite ce mercredi 18 juillet dans la zone de Baguida a permis de recueillir auprès des populations ce qu’ils vivent et les réalités sur le terrain.

La vie, les trois dernières mois, à Baguida n’est plus la même, les vagues de l’océan font la loi sur les humbles populations qui ne savent plus à quel saint se vouer. Elles sont laissées à la merci de la nature. Décapement des côtes, effondrement et avancement de la ligne de côte laissant un boulevard sans obstacles à de puissantes vagues qui frappent les fondations des maisons, font glisser les terrains tout en occasionnant des écroulements de maisons.

Des places de loisirs, des églises, des cimetières, des hôpitaux et d’autres édifices érigées à des dizaines de mètres de la mer ont disparus. Une situation qui dépasse les riverains et qui demandent une rapide intervention des plus hautes autorités du pays. Mme Lawson Ohiniba, riveraine et propriétaire du Bar « Palacio Beach » décrit ce à quoi elles (les populations) sont confrontées à Baguida, plus précisément dans la zone communément appelé « Batovi ».

« Ce que nous assistons cette fois ci est très poussé.  Cette paillotte que vous voyez était très distante de la mer  et il y avait un grand passage qu’empruntent les populations. Voilà maintenant que les vagues ont percé la paillote pour pénétrer dans la maison. Cette maison que vous voyez tout près s’est écroulée hier nuit. Ce que vous observez dans la mer comme une crête, c’est un puits construit au beau milieu d’une maison ‘‘mangée’’ par l’océan. Les propriétaires sont contraints de ramasser leurs effets pour aller vivre en location  », confie-t-elle.

Cette année, poursuit la riveraine, tout porte à croire que  l’océan et ses vagues sont fâchés contre nous. « Depuis que les travaux de  construction du troisième quai ont démarré, les choses se sont empirées pour nous pauvres citoyens. Nous sommes ici depuis plus de 15 ans mais ce qui se passe ces derniers temps est incompréhensible. J’ai construit cette paillote il y a de cela cinq ans mais jamais les vagues ne nous ont jamais visitées comme maintenant », ajoute Mme Lawson.

Un peu loin dans l’océan, l’on observe une ligne de roches. M. Kossi, un autre riverain, nous fait savoir que c’est derrière ces roches que s’arrêtaient les vagues. « Nous avons l’eau dans nos chambres, sous nos lits. On ne sait pas où aller. Nous demandons l’assistance des premiers responsables en l’occurrence le Chef de l’Etat, le Ministre de l’environnement et des ressources forestières », lance-t-il.

Le ministre André Johnson de l’environnement, confie Mme Kayi Amouzou,  aussi propriétaire d’une buvette presque avalée par l’océan,  était venu il y a de cela trois ans pour constater les faits mais aucune action en retour. « Des promesses sur promesses mais rien. On nous dit de patienter mais les vagues sont devenus insupportables. Que pouvons-nous faire simple citoyens face à ce monstre d’océan ? Malgré cela, des Agents de l’Office Togolais des Recettes (OTR) passent chaque temps pour réclamer des impôts sur nos paillotes qui sont déjà dans l’eau.  Cette année, j’ai déjà versé cent cinquante mille (150 000) FCFA à l’Office. Nous avons essayé nous-même de monter des sacs de sables pour empêcher les vagues mais c’est vite dégager par l’océan », relate la pauvre Dame toute furieuse.

A 10 mètres de cet endroit se trouve l’Eglise du Christianisme Céleste nommé « Monts des Oliviers ». Les fidèles sont contraints d’aller prier leur Dieu loin de l’océan. L’église est presque avalée par l’océan. Les maçons et quelques fidèles sont à pied d’œuvre pour ramasser quelques briques restants ainsi que des objets liturgiques et sacrés de l’église.

Le plus impressionnants qui attire l’attention de tout visiteur des lieux  ou encore qui fait découvrir la gravité de la situation est ce puits haut de plus de trois mètres qui a pu résister à  l’océan.  Autour du puits, les vagues se forment et se défont.

 

Seul le puits a pu résister

Par ailleurs, contrairement au côté Ouest de la Côte Togolaise où l’on observe des dunes de sables par endroit et drainés facilement par la dérive littorale, le côté Est ne  bénéficie pas de cet atout naturel. Les quais du Port Autonome de Lomé obligent les sédiments provenant de la Volta à se plonger dans la mer profonde. Conséquence, la dérive littorale arrivée sur l’autre partie de la côte et ne trouvant pas de quoi se charger, est obligée de décaper la côte en facilitant une avancée tranquille des vagues de l’océan. A cela s’ajoutent les effets du changement climatique. Une augmentation de la température terrestre qui effondre les glaces marines entraînant finalement une montée et un débordement de la mer. 

Que faire alors face à cette situation qui agace le pauvre citoyen?

Selon les statistiques, chaque année, la mer avance de 2 mètres sur les côtes togolaises. Malgré quelques épis de roches érigés dans les environs d’Aného (45 km de la ville de Lomé), le phénomène persiste et fait comprendre que ce geste est insuffisant et insignifiant. Le Togo ferait mieux d’aller apprendre la maîtrise de l’eau chez les Hollandais avant que l’irréversible ne prenne le dessus.

La maîtrise des eaux aux Pays-Bas a toujours été importante pour la survie de ce pays. Environ deux tiers des Pays-Bas sont vulnérables aux inondations et aux submersions marines. Pour ne pas être esclave de la nature, les autorités  de ce pays  ont  aidé les populations à modifier le profil de leur habitat, en construisant des remblais ou des digues mais également en creusant des canaux ou des lacs. Une expérience que pourrait bien capitalisée le Togo pour du moins remédier à la situation qui s’accentue avec le réchauffement climatique qui vient compliquer les Choses. Ceci peut être résumé par ce dicton : « Dieu a créé le Monde et les Néerlandais ont créé les Pays-Bas ». Luttons vite contre le fléau !

Atha Assan

Last modified on Wednesday, 29 May 2019 05:04

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