Friday, 18 August 2017

E ENVIRONNEMENT

Monday, 31 July 2017 18:29

Réchauffement climatique : Lutter contre la déforestation en Afrique par des incitations financières

Une  forêt dévastée Une forêt dévastée

Grave et réelle menace pour l’environnement, la déforestation concerne toute l’humanité. Mais le plus souvent, quand on parle de régression des surfaces végétales ou de l'exploitation excessive des essences forestières ou  encore de coupe à blanc et saccage des ressources forestières, l’on pense tout de suite à ce qui se passe en Amazonie. Pourtant, le cas africain est tout aussi préoccupant. Selon l'Organisation des Nations unies (ONU), chaque année, le continent africain  perd  des millions d'hectares de forêts. Un énorme déficit auquel des réponses idoines doivent être apportées. Entre autres solutions, il faut encourager les paysans locaux à préserver et planter des arbres par des incitations financières.

En effet, chaque jour dans le monde, de milliers d'hectares de forêts disparaissent. Selon une étude  intitulée « Évaluations des ressources forestières mondiales 2015 », publiée  en marge de la 14ème  édition du Congrès forestier mondial,  tenue  à Durban en Afrique du Sud,  la FAO dressait un bilan mitigé sur la déforestation dans le monde et rappelle l’urgence de traiter judicieusement le patrimoine forestier sur le plan international et surtout en Afrique. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 129 millions d’hectares de forêts, soit presque la taille de l’Afrique du Sud, ont été perdus en 25 ans. « En 1990, la planète comptait 4,128 milliards d’ha de forêts, contre 3,9 milliards d’ha en 2015. Entre 1990 et 2015, l’étendue totale des forêts est passée de 31,6% à 30,6% de la superficie terrestre mondiale », peut-on lire dans le rapport de l’organisation.

En Afrique, la zone la plus durement touchée est celle de la forêt tropicale.  La République démocratique du Congo (RDC), le plus grand pays de l'Afrique centrale, est l'un des États les plus affectés par l'exploitation abusive des ressources forestières. Au Gabon, pays proche de la RDC, situé sur la côte Est du continent, le problème semble moins important, mais il est tout aussi inquiétant. Sur ce territoire, la déforestation de certaines zones menace plusieurs populations locales vivant dans les forêts.  Outre l'Afrique centrale, la déforestation en Afrique a été accentuée dans plusieurs pays par un grand nombre d'autres facteurs comme les coupes non-autorisées, l'utilisation grandissante du charbon de bois, la pratique intensive de l'agriculture.

Dans la sous-région ouest africaine, le Togo fait partie des pays qui ont un taux de déforestation très élevé. Les statistiques révèlent que les forêts disparaissent à un rythme de 15.000 hectares par an, depuis les années 90. Selon une étude réalisée dans 65 pays, à travers le monde par l’International Tropical Timber Organization (ITTO), publiée en 2011, le Togo, le Nigeria et le Ghana sont les trois Etats de l’Afrique de l’Ouest qui ont le plus fort indice de déforestation. Le Togo à lui seul a perdu 5,75% de ses forêts entre 2005 et 2010. Les principaux facteurs de la déforestation au Togo sont entre autres la demande croissante de terre cultivable pour satisfaire les besoins d’ une agriculture itinérante sur brûlis, l’ exploitation forestière ou le prélèvement non contrôlé de bois dans les formations naturelles et les aires protégés, la forte demande en bois, la transhumance et le surpâturage et les feux de végétation incontrôlés.  Cependant, les forets jouent un grand rôle dans la lutte contre le changement climatique.

De l’utilité des Forêts

S’il est unanimement reconnu  que les forêts sont des sources de nourriture, de refuge, de combustibles, de vêtements et médicaments pour des populations, il est tout aussi vrai que les forêts abritent de nombreux "points chauds" de biodiversité. Elles jouent un rôle prépondérant dans la fixation du CO2 que nous émettons massivement et qui perturbe dangereusement le climat. La déforestation représente 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon les experts. Les arbres sont constitués de carbone à 50 pour cent. Lorsqu’ils sont abattus ou brûlés, le gaz carbonique (C02) qu’ils stockent retourne à l'air libre. La protection de la forêt est  donc essentielle. C’est à juste titre que la lutte contre les changements climatiques met la question des forêts  au cœur de l'agenda des négociations internationales sur l'environnement. L'intégration de la déforestation dans la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), comme source majeure de réduction des émissions de CO2, le confirme. Au regard de tout ceci, il est alors nécessaire de prendre des mesures appropriées pour faire face au fléau de déforestation, surtout dans les pays sous-développés où le phénomène s’accentue. Entre autres solutions, une recommandation d’une étude menée en Ouganda s’avère pertinente.

Encourager les populations  à préserver et planter des arbres par des petites incitations financières

En effet, la revue Science vient de publier les résultats d’une étude menée en Ouganda, qui indique que de petites incitations financières ont permis de réduire de moitié la déforestation. L’étude est le fruit d’une collaboration entre l'ONG américaine Innovations for Poverty Action et l'organisation ougandaise pour la protection des chimpanzés Sanctuary and Wildlife Conservation Trust, ainsi qu'avec des experts de l'université Stanford en Californie. Ils ont choisi au hasard la moitié d'un groupe de 121 villages ougandais où les propriétaires de terrains boisés se sont vus offrir l'équivalent de 28 dollars annuellement et par hectare de forêt sur leur terre laissée intacte, et ce, pendant deux ans. Dans l'autre groupe de villages, les habitants ont continué à gérer leur forêt comme d'habitude. À la fin de l'expérience, des images satellites haute définition, capables pratiquement de montrer chaque arbre, ont permis de comparer les terrains des deux groupes de villages. Les résultats ont été probants : chez ceux qui ont reçu de l'argent, il y avait 5,5 hectares de forêt de plus que dans le groupe de village témoin. Cela équivaut à 3 000 tonnes de CO2 de moins émises dans l'atmosphère, au coût de 0,46 dollar par tonne pendant les deux années que l'expérience a duré.

Cette expérience est un bel exemple, à suivre et intégrer dans les politiques nationales en matière de lutte contre le changement climatique.  La société civile, les gouvernants, les bailleurs et autres acteurs impliqués dans la lutte contre le réchauffement climatique doivent en tenir compte dans leurs différents programmes. Verser de modestes sommes d'argent à des propriétaires forestiers dans les pays en développement pour les inciter à ne pas couper leurs arbres, voire en planter, peut contribuer à lutter contre la déforestation et le réchauffement climatique.

Hélène Doubidji

 

 

Last modified on Tuesday, 01 August 2017 13:19

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