Wednesday, 18 July 2018

I INTERVIEWS

Tuesday, 16 May 2017 14:18

M. Mohamed Madi DJABAKATE : « Mon vœu, c’est que le Togo atteigne une gouvernance qui se démarque et qui est reconnue pour son efficacité, son indépendance et la rigueur de son contrôle »

Le Président du Conseil d’Administration du Centre pour la Gouvernance, la Démocratique et la Prévention des Crises (CGDPC), M. Mohamed Madi DJABAKATE parle à la presse en ce début d’année. Dans cet entretien exclusif, il revient sur le bilan du CGDPC, les sujets marquant l’actualité entre autres la mise sur pied de la commission de réflexion sur les réformes, le retour de Me Agboyibo sur la scène politique et les changements survenus sur l’échiquier politique national. Celui pour qui, « le Togo est la propriété de tous et c’est le seul héritage crédible que nous pouvons léguer à notre postérité » formule un vœu pour le peuple celui d’atteindre « une gouvernance qui se démarque et qui est reconnue pour son efficacité ». Lecture :

 

Vous êtes le Président du Conseil d’Administration du Centre pour la Gouvernance Démocratique et la Prévention des Crises (CGDPC). Une année vient de terminer, quel est votre souhait pour le peuple Togolais ?

Je vais faire entorse à la tradition en ne me limitant pas à la formule générique de meilleurs vœux et qu’on circonscrit à une seule année calendaire. Je dirai qu’à partir de 2017, je souhaite que le Togo enclenche un processus qui permettra à terme la consécration de la bonne gouvernance. Je précise que   la bonne gouvernance ne se traduit pas toujours par des chiffres impressionnants ou des déclarations de satisfecit distribués par des organisations. Mon vœu, c’est que le Togo atteigne une gouvernance qui se démarque et qui est reconnue pour son efficacité, son indépendance et la rigueur de son contrôle.

Votre organisation s’est illustrée au cours de l’année 2016 par plusieurs activités. Quel bilan vous en tirez globalement ?

Je ne peux que féliciter l’équipe et surtout la direction exécutive. A la fin de chacune de nos activités le Conseil d’Administration a demandé qu’une revue après action soit faite. Cela a toujours permis de donner des orientations pour les prochaines activités. Dans l’ensemble, les objectifs sont toujours atteints mais nous réalisons que nous devons conjuguer nos efforts avec d’autres organisations de la société civile. Mais pour une structure qui fonctionne sur fonds propres et ne recourt pas aux financements du gouvernement ou des organisations internationales présentes au Togo, je peux dire que la satisfaction est au rendez-vous. Le bilan est globalement satisfaisant.

Pensez-vous avoir eu en ce laps de temps d’existence, d’ancrage sur la société togolaise ?

Ancrage sur la société togolaise, ce serait prétentieux de notre part. Mais je dirai que notre approche méthodologique attire désormais l’attention et beaucoup encouragent sa poursuite, surtout les organisations membres de la jeunesse. Toutefois, nous considérons que c’est un processus et il est en cours.

Revenant à la formation des jeunes des partis politiques, l’une de vos activités, dites-nous l’impact de cette formation ?

La particularité du Programme Jeune Politique (PJP), c’est que nous avons gardé le contact avec les jeunes et les différents formateurs à travers un cadre de discussion et de partage interactif. Cela permet de suivre l’évolution des participants. L’objectif premier était d’avoir la confiance des partis politiques et je pense que c’est désormais chose faite. Le second objectif était de montrer aux jeunes que faire la politique était une science et non battre le macadam pour faire passer un message. Et je pense qu’avec la première édition du PJP, c’est un acquis. Le troisième objectif, c’est celui de poursuivre ce programme et d’en faire un exercice annuel. Je peux vous dire qu’il est atteint car nous avons déjà mobilisé les fonds pour 2017 et 2018. Et des innovations dans le PJP ont été recommandées par le Conseil d’Administration.

Autre fait marquant la vie de votre organisation est sa participation remarquée à l’atelier du HCRRUN. Avec un peu de recul, pensez-vous que cette rencontre a sa raison d’être ?

Avec le recul, je dirai que si c’était à refaire les membres du Conseil d’Administration décideront à l’unanimité qu’on y retourne. Les réflexions étaient importantes surtout pour dépolitiser la question des réformes qui ne doivent plus être vus comme des revendications de la classe politique mais une aspiration populaire. Les réformes ne sont pas un sujet qui concerne seulement l’opposition. Même au sein du pouvoir des gens attendent impatiemment ces réformes. Et au sein de la société civile, il y a des structures comme le CGDPC qui pensent que la question des réformes ne peut se limiter seulement aux aspects électoraux. Cet atelier du HCRRUN a été l’occasion pour nous de marteler cela mais surtout d’appeler le Président de la République à prendre ses responsabilités en enclenchant le processus des réformes constitutionnelles et institutionnelles par la désignation des membres de la commission qui devraient avoir comme fil directeur : l’Accord Politique Global, les recommandations de la CVJR et les Conclusions de l’Atelier du HCRRUN.

Une fois de plus, nous assumons notre choix de prendre part à l’atelier d’alors et surement nous répondrons aux autres invitations du HCRRUN tant que son trio arbitral continuera de mettre au centre de son action les recommandations de la CVJR.

Permettez-nous de revenir au programme Jeune Politique (PJP) qui vise à aider les partis politiques à se consolider en tant qu’institutions et s’outiller pour accomplir leur mission avec efficacité est-ce qu’il sera reconduit cette année ? Si oui les contours et les innovations à apporter ?

J’ai essayé d’en parler un peu plus haut comme vous le signaler dans votre question. Notre ambition avec le PJP est de contribuer à l’émergence d’une nouvelle élite au sein de la classe politique qui mettra au sein de son engagement politique la bonne gouvernance et la Réal Politik.

Pour cette année le programme sera ouvert à tous les jeunes au sein des partis politiques en activité. Le niveau minimum est le Bac+2 et l’âge maximal 27 ans. Mais l’élément central pour prendre part au Programme, c’est en premier lieu l’étude de dossier par une commission technique et en second lieu le mérite qui sera déterminé après le passage devant un jury qui cette fois ci sera composé de cadres du CGPC, d’organisations partenaires et aussi d’acteurs politiques. Pour le nombre de participants, ce sera un maximum de 20 avec une priorité pour les jeunes femmes.

Les autres perspectives pour cette année ?

Nous allons mettre l’accent sur les conférences thématiques. Cela se fera dans le cadre du Café du Dialogue Démocratique (CDD). Le CDD est une stratégie visant à partager les expériences et les bonnes pratiques acquises par plusieurs cadres togolais sur plusieurs années tant sur le plan nation qu’international. Visant à permettre à près d’un minimum de 50 experts togolais de partager leurs expériences avec la Jeunesse mais aussi les acteurs publiques en matière de bonne gouvernance, le CDD sera un nouveau créneau du CGDPC pour amener la Société Civile à faire une analyse de ses interventions en matière de promotion de la bonne gouvernance tout en lui permettant d’identifier de façon claire une série d’outils et d’activités pour intégrer la culture du service des autres et non du service de soi dans les habitudes de l’élite. Le tout avec en ligne de mire la culture de la redevabilité des comptes.

Vous êtes également politologue et naturellement vous suivez avec attention l’actualité politique du Togo avec la nouvelle configuration du champ politique, un groupe informel de l’opposition qui vient d’être crée et Me Agboyibo revient à la tête du CAR…. Quel commentaire cela vous suscite, premièrement, le retour de Me Agboyibo à la tête du CAR ?

Le retour de Me AGBOYIBO, j’ai été tenté de le comparer à celui du Général De Gaule. Je pense que ce retour est motivé avant tout par une frange du parti qui n’a pas été satisfaite de la gestion sous APEVON. Si je me réfère à son intervention le 22 Janvier 2017 sur Pyramide FM, je peux dire que c’est un retour salvateur en premier pour son parti. Par ailleurs, je peux dire que Faure Gnassingbé vient de voir l’un de ses vœux pour 2017 non validé par le Seigneur.

Mais il faut noter que le bélier de Kouve revient sur une scène où les acteurs ont certes changés mais le système demeure le même. J’espère seulement qu’il ne commettra pas l’erreur de chercher à plaire à l’électorat au lieu de s’investir dans la restructuration de son parti et la mise en œuvre des réformes.

Pensez-vous dans le contexte actuel qu’il pourra faire avancer le débat sur les réformes ?

Contrairement à tous ceux qui chantent les réformes, AGBOYIBO est celui qui les a négociés. Et je ne vois pas mieux que lui pour interpeller Faure sur ce dont ils avaient convenus. Surtout pour les naïfs il faut retenir que l’APG va au-delà du compromis présenté sur le papier. C’est plus une dette de Faure à l’endroit du bélier. Et Faure pensait ne plus avoir à en discuter formellement avec lui. Mais dans tous les cas le processus des réformes est enclenché. Il faudra que le nouveau Président du CAR cherche à rencontrer la Présidente de la Commission des Réformes. Il ne doit pas commettre l’erreur de faire le débat politique par procuration. Il doit aller à la rencontre de tous les acteurs impliqués.

Un mot sur la coalition informel de l’opposition, ce que la presse appelle le groupe des six ?

C’est une initiative à encourager. Maintenant il faut que cette coalition prépare les prochains rendez-vous électoraux. Mais il faut aussi penser à structurer la coalition. Son état actuel donne l’air d’un manque de sérieux.

Que vous inspire la mise sur pied du comité de réflexion sur la question des réformes par le Chef de l’Etat ?

C’était une commission très attendue et je pense que ce n’est plus le moment de ralentir son fonctionnement. Attendons de voir ce qu’elle va nous proposer. Le seul regret c’est qu’il est pris en otage par les juristes (rires). Le texte devra passer par un référendum pour créer le consensus autour.

Un commentaire sur les membres de la commission ?

Je peux dire qu’il y a de la qualité au sein de cette commission. Mais pour le commun des observateurs elle est proche du pouvoir en place. A mon humble avis il faut attendre leur travail pour faire des commentaires. Je prends d’ailleurs l’engagement de commenter le projet constitutionnel qui sera proposé.

Votre mot de fin…

Le Togo est la propriété de tous et c’est le seul héritage crédible que nous pouvons léguer à notre postérité.

 

Interview réalisée par Hélène Doubidji

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