Wednesday, 18 July 2018

I INTERVIEWS

Friday, 06 July 2018 08:35

Georges Koudéma REDAH : « il y a beaucoup de fonds destinés aux artistes, il faut aller à l’information »

Georges Koudéma REDAH, Secrétaire  Général du  Syndicat national des artistes du Togo Georges Koudéma REDAH, Secrétaire Général du Syndicat national des artistes du Togo

Le Secrétaire  Général du  Syndicat national des artistes du Togo (SYNATO), M. Georges Koudéma REDAH, élu à la tête du syndicat le 19 février  2017, est le moins qu’on puisse dire à la  manette pour le bonheur des artistes au Togo.  A la tête du syndicat, il  y a  un peu plus d’un an, il se livre...

Le syndicat est porté sur les fonts baptismaux il y a un peu plus d’un an et  vous assurez le rôle de secrétaire général, comment se porte-t-il ?

Le syndicat va à merveille.  Je peux dire que c’est le seul syndicat d’artistes représenté dans les 5 régions économiques du pays et dans pratiquement 11 préfectures. Nous sommes dans la fourchette de 1 à 12 milles artistes  sur le plan national.   On a fait l’effort de toucher toutes les régions pour pouvoir connaitre tous les problèmes des artistes.

Rappelez-nous d’ailleurs ce qui a motivé la mise sur pied de ce syndicat ?

Vous  savez, ce sont les syndicats qui ont le pouvoir de réclamer les droits des artistes au niveau des autorités. C’est ce qui nous a poussés à créer ce syndicat. Si dans un secteur, vous n’avez pas un syndicat, cela prouve que vous n’êtes pas unis et vous ne pouvez pas lutter pour vos droits.

Alors à plus d’un an d’existence, qu’est-ce que vous avez fait par rapport à vos droits ?

Je ne me tire pas chapeau mais aujourd’hui, les artistes de SYNATO savent que j’en ai fait. Grâce à  nos actions, l’artiste peut ouvrir gratuitement ses comptes au niveau de Orabank, il suffit qu’il ait la carte de SYNATO. Secondo, si l’artiste est dans les normes  légales, il peut demander une subvention au niveau de Orabank. Aussi, sommes-nous en train de négocier un conservatoire pour notre pays afin que les artistes puissent se former,  devenir professionnel et vivre de leur art. Car on ne peut pas parler de l’art sans formation professionnelle. J’ai circulé sur toute l’étendue du territoire, j’ai remarqué que chaque artiste a un don qu’il développe  comme il l’entend alors que si la personne est encadrée, elle serait plus excellente. Pour cela, nous sommes en train de négocier pour voir comment l’Etat pourra nous aider à avoir un conservatoire à l’université de Lomé.

On peut imaginer que c’est la mise sur pied de ce conservatoire qui est votre grande préoccupation à présent ?

Cela est mon objectif de l’heure.

Maintenant, où en êtes-vous concernant les discussions pour la mise sur pied de ce conservatoire ?

Aujourd’hui, je ne vais pas discuter de ce projet mais les prochaines fois quand cela sera fin prêt je vous le dirai. Il faut couver l’œuf pour que le poussin puisse éclore.

Le fond d’aide à la culture ?

Je suis très content pour ce fonds, je  tire chapeau à l’Etat. Depuis plusieurs décennies on n’avait pas eu cela. C’est un coup de pouce pour que les artistes puissent aller de l’avant. Mais je voudrais ajouter qu’il y a beaucoup de fonds destinés à nous les artistes et donc il faut aller à l’information pour savoir comment y accéder.

Pouvez-vous nous citer quelques-uns ?

Il y a les fonds de garantie de la BIDC qui est là ; les fonds de la francophonie, de la Cedeao et de  l’Union européen.

Mais pourquoi les artistes togolais n’arrivent pas accéder à ces fonds ?

Je peux dire que nous ne risquons pas. Puisque ce sont parfois des prêts remboursables. Aussi, faut-il rédiger un bon projet, crédible et fiable avant que les partenaires financiers ne vous viennent en aide. Vous comprenez que si le projet n’est pas viable, ils ne peuvent pas vraiment vous soutenir.

Qu’est-ce vous faites pour corriger le tir ?

Nous avons mis sur pied une cellule  pour donner les informations aux artistes  sur les fonds disponibles. Une autre cellule s’occupe de la rédaction des projets pour que ces derniers soient éligibles au niveau des partenaires.

Vous étiez tout à l’heure satisfait du fonds d’aide à la culture mais aujourd’hui le fonds ne dépasse pas cinq cent millions…

Il faut d’abord que les artistes prouvent au Chef de l’Etat leur savoir-faire  en rehaussant le niveau de l’art au Togo. Sinon, si à notre niveau, on ne le lui montre pas le meilleur comment voulez-vous qu’il mette encore la main à la poche?

Es-ce qu’aujourd’hui l’artiste vit de son art au Togo ?

Je  peux dire que l’artiste peut vivre de son art au Togo, s’il  est conscient de ce qu’il est en train de faire comme art. On ne fait pas de l’art parce qu’il faut fait de l’art, on fait de l’art pour que beaucoup de personnes aiment ce que nous faisons et que ces dernières en consomment. Les pays développés se sont inspirés de leur culture mais chez nous, le constat est qu’on ne veut pas s’inspirer de notre culture mais  copier dans l’autre culture et l’imposer à notre public. Le public ne va pas aimer. Aujourd’hui, l’Afrique n’a rien à vendre aux occidentaux, si ce n’est notre culture. Quelles sont nos réalités africaines ? Nos coutumes ? Si on n’a pas une base et on ne veut pas se retrouver dans notre culture, on ne peut pas vendre.

Les artistes sont-ils sensibilisés sur ces questions ?

C’est là que revient le problème du conservatoire, il faut des professionnels pour pouvoir leur expliquer cela et les conseiller.

Des perspectives ?

Nous allons lancer bientôt une série 100 % togolais qui  est la plus longue série africaine. À part cela, nous avons des performances artistiques à organiser.

Votre vison ?

Ma vison est simple. Œuvrer à ce que d’ici 2025, l’artiste vive de son art.

Nous sommes arrivés ainsi à la fin de notre entretien, est-ce que vous avez un dernier mot ?

 J’ai un conseil aux artistes. Nous sommes Togolais et sommes appelés à nous aimer, nous  devons apprendre à grandir à devenir des stars. Il y a de la potentialité au niveau des artistes  mais je voudrais dire que c’est dans l’unité que le gouvernement pourra avoir confiance en nous.

 

Interview réalisée par Germain Doubidji

Last modified on Friday, 06 July 2018 08:36

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