Tuesday, 25 September 2018

I INTERVIEWS

Monday, 10 September 2018 20:08

Interview à Michèle Aguey sur l'explosion du taux de grossesses à l'école: " la faute est à vous, à moi"

Michel Aguey, Secrétaire Générale du GF2D Michel Aguey, Secrétaire Générale du GF2D Photo crédit : Africa Rendez-vous

Des cas de grossesses précoces en milieu scolaire ne cessent de croître malgré des séances de sensibilisation organisées par ci et là. L’année scolaire 2017-2018 vient encore de nouveau confirmer le phénomène. Selon une information publiée par nos confrères du journal « Courrier de la République », deux établissements scolaires dans une ville de la région centrale du Togo notamment Sotouboua, viennent de battre le record pour la rentrée scolaire écoulée. 55 filles ont été engrossées au Lycée Sotouboua Ville 1 et au CEG ville 3, au moins 73 filles sont tombées enceintes Dans un entretien sur le sujet avec la Secrétaire Générale du Groupe de réflexion et d’action Femme, Démocratie et Développement (GF2D), Mme Michèle Noussoessi Aguey appelle les jeunes filles à  être des garants de leur avenir. Lire l’intégralité de l’interview accordée à Togotopnews.com.

Des cas alarmants de grossesses précoces en milieu scolaire, à qui la faute ?

Quand on se retrouve dans un système éducatif et qu’il y a 128 cas de grossesses dans deux établissements scolaires, je dis que la faute est à vous, à moi. C’est à la société en général parce que d’abord quand je me situe dans la sphère familiale, les parents ont l’obligation de pouvoir éduquer leurs enfants, de leur donner une base, une éducation solide qui leur permettra de pouvoir faire face à ce problème-là. Quand on éduque son enfant à la maison, on lui fait comprendre que quand tu vas à l’école il faut à un moment donné mettre l’accent sur l’éducation que tu vas recevoir que de s’adonner à des relations sexuelles. Maintenant si la fille a l’âge d’avoir des relations sexuelles, il faudra que les parents  puissent avoir le courage de pouvoir parler d’éducation sexuelle avec leurs enfants, aborder un certain nombre de questions que nous considérons comme tabou dans nos sociétés notamment la question de la planification familiale, la protection des enfants en matière de la santé sexuelle et reproductive. Et au-delà de cela quand je sors de la sphère familiale, je m’intéresse au système éducatif même. Je me dis que ce sont des enfants qui sont encadrés par des enseignants et quand dans un établissement on se retrouve avec plus de 50 cas de grossesses précoces, il y a un problème qui se pose. Quel est le suivi que ces enseignants-là font des enfants ? Qu’est-ce qu’on leurs éduque ? Parce-que les enseignants également ont ce travail de suivi-éducation des enfants. Donc il y a quelle que part un problème. On sait bien peut-être que parmi ces cas de grossesses, on va trouver des auteurs qui sont des élèves, des enseignants et d’autres personnes en dehors du milieu scolaire qui sont également  auteurs de ces grossesses. Aussi, j’indexe un peu toute la société ; vous hommes de médias et nous de société civile qui avons également un rôle d’éducation à l’endroit de la société. Qu’est-ce que nous avons fait. ? Avons-nous joué réellement notre rôle ?  Au niveau de vous professionnels de médias, est-ce que vous avez des émissions en direction de ces jeunes-là ? Les sensibiliser sur les dangers des grossesses précoces ? Au-delà des cas de grossesses, on peut trouver des maladies comme des  Infections Sexuellement Transmissibles (IST) qui doivent pulluler dans ces milieux-là  ainsi que d’autres fléaux qui portent atteintes à l’éducation de ces jeunes.

On sait que souvent dans ces genres de situations, ce sont les jeunes filles qui portent le lourd fardeau, quels conseils avez-vous à leur égard ?

Aujourd’hui, on sait que sans l’éducation on n’a pas un avenir radieux, sans un minimum de bagage intellectuel on ne peut pas penser occuper une position dans la société. Donc il faut que les jeunes filles puissent penser d’abord à elles-mêmes, à leur avenir. Vos parents vous ont envoyé à l’école pour que vous puissiez aller apprendre, vous formez pour être des leaders de demain.  Aujourd’hui, vous vous donnez à des pratiques sexuelles qui portent atteintes à votre avenir. Il faut que les jeunes filles prennent conscience de cela. Même si on permet de nos jours à une fille enceinte de poursuivre facilement ses études si elle-même se sent capable de le faire jusqu’à son accouchement ; à un moment donné vous avez un enfant, il faut au moins pour les premiers mois de cet enfant-là que vous puissiez rester avec lui alors que pendant ce temps-là les autres continuent et c’est votre avenir qui est en danger. Il faut que les jeunes filles puissent prendre conscience de cela. Ce qui est bien quand on est jeune, c’est de s’abstenir des relations sexuelles. Maintenant si vous ne pouvez pas ; quand vous allez faire des relations sexuelles, cherchez des moyens de protection. Il y a plusieurs associations, plusieurs structures et même dans le système médical d’une manière générale il y a des mécanismes qui sont mis en place pour pouvoir conseiller les jeunes filles en matière de santé sexuelle et reproductive. Allez vers ces structures-là pour avoir des conseils et éviter de tomber enceinte précocement. Vous êtes enfants et vous avez des enfants. Déjà votre propre éducation n’est pas encore finie comment est-ce que vous pouvez éduquer  un enfant à l’avenir. C’est tout un problème.

Bientôt la rentrée scolaire 2018-2019, qu’est-ce que le GF2D compte faire pour réduire un temps soit peu la situation ? Rappelez nous aussi ce que vous avez déjà fait en ce sens ?

Au GF2D, ce que nous faisons, c’est la sensibilisation. Nous sensibilisons les jeunes d’une manière générale pour qu’on puisse faire plus attention à cette question de santé sexuelle et reproductive. C‘est vrai que nous avons un programme beaucoup plus spécifique dans la région maritime essentiellement dans la préfecture de Zio et nous pensons étendre nos actions cette année  à la préfecture des lacs où nous accompagnons beaucoup plus les jeunes filles pour qu’elles puissent prendre conscience de ces questions de mariage précoces qui constituent un frein à leur autonomisation. Nous avons essayé de former un groupe de jeunes filles et de jeunes garçons pour pouvoir faire l’éducation des pairs sur les questions de santé sexuelle et reproductive, grossesses précoces et violences basées sur le genre. Cette situation dans la région centrale nous interpelle tous. A notre niveau, nous allons voir comment toucher beaucoup plus cette région-là et peut-être aussi d’autres régions par des activités de sensibilisation avant de voir dans quelle mesure mettre en place un programme beaucoup plus conséquent dans ces régions-là.

Peut-on dire que l’avènement des réseaux sociaux a contribué également à l’amplification de la situation ?

Je me dis que peut-être l’avènement des réseaux sociaux facilite les choses mais nous pouvons également utiliser ces réseaux sociaux pour pouvoir  sensibiliser et attirer l’attention des jeunes sur ces dangers-là également. Nous pouvons utiliser les réseaux sociaux plutôt comme un atout pour véhiculer un certain nombre de messages. Montrer à travers les réseaux sociaux le danger de la grossesse précoce ainsi que les possibilités de protection de ces jeunes-là contre ces fléaux qui nuisent à leur éducation.

Votre mot de la fin ?

Il faudrait rencontrer la direction régionale de l’éducation au niveau de la région centrale pour vérifier la véracité de ces chiffres qui sont en train de circuler et voir ce que nous pouvons faire d’une façon générale pour l’éducation de ces jeunes.

Interview réalisée par Atha Assan

 

Last modified on Wednesday, 12 September 2018 16:05

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