Thursday, 28 May 2020

I INTERVIEWS

Sunday, 03 May 2020 11:37

Liberté de presse au Togo : Interview croisée avec Honoré Adontui, Dieudonné Korolakina et Augustin Amega

De gauche à droite, Augustin Amégan, Honoré Adontsui et Dieudonné korolakina De gauche à droite, Augustin Amégan, Honoré Adontsui et Dieudonné korolakina

A l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, Togotopnews a donné la parole à trois Directeurs de publication pour s’exprimer sur la liberté de presse au Togo. Il s’agit de M. Honoré Adontui, Directeur de Publication du Journal « Le correcteur » ; M. Dieudonné Korolakina, Directeur du journal Togomatin et du site Nouveau Reporter et M. Augustin Amégan, Directeur du journal « Le Canard Indépendant ».  Lecture !

Quelle signification donnez-vous à la journée du 03 mai ?

Honoré Adontui : La journée du 3 mai  proclamée Journée mondiale de la liberté de la presse par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1993  est une  recommandation de l’UNESCO  deux ans plus tôt.  C’est  aussi une réponse à  la Déclaration de Windhoek sur le pluralisme et l'indépendance des médias. Elle nous donne l’occasion de célébrer les principes fondamentaux de la liberté de la presse, d'évaluer la liberté de la presse à travers le monde, de défendre l'indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu leur vie dans l'exercice de leur profession.

Dieudonné Korolakina : Le 03 mai a été retenu comme Journée mondiale de la liberté de la presse par l'Assemblée générale des Nations unies en 1993. Le contexte de cette célébration est particulier cette année et appelle plusieurs réflexions. Puisque pour la marquer, il n’y aura pas de célébrations marquantes. Les obligations de distanciation en vigueur nous les interdisent. Pour rester en santé, il faut s’éloigner les uns des autres…Cela dit, nous médias, quel que soit le type de média, nous sentons proches de nos lectrices, lecteurs, autrices, auditeurs, téléspectatrices, téléspectateurs, toujours. Puisque c’est à eux que nous pensons quand nous produisons nos contenus, etc. Et comme jamais, en dépit de tout, des gestes barrières nous restons proches de nos publics. Donc pour moi, cette année le 3 mai est la célébration de la proximité, de la familiarité, entre les médias et leurs publics. Même si nous savons que les objectifs de cette journée sont à la base multiformes : le rappel des principes fondamentaux de la liberté de la presse ; évaluation de la liberté de la presse à travers le monde ; la défense de l'indépendance des médias et l’hommage aux journalistes qui ont perdu leur vie dans l'exercice de leur profession.

Augustin Amega : Le 03 mai se célèbre la Journée mondiale de la liberté de la presse. C’est une occasion pour nous professionnels des médias, d’attirer l’attention sur les entraves à notre profession et à la libre circulation de l’information.

 

Quelle lecture faites-vous de la liberté de presse au Togo ?

Honoré Adontui : Le  cadre normatif est un atout majeur de la liberté de presse au Togo. Mais les perturbations de la connexion internet lors de la présidentielle du 22 février dernier  sont une entrave à l’exercice de la profession. De même,  les dernières sanctions en cascade  de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication(HAAC)  de certains organes peuvent pousser à l’autocensure. Au surplus, la précarité ambiante qui s’est installée dans la corporation ne peut permettre  l’indépendance surtout financière de la presse, un pilier de cette journée du 3 mai.

Dieudonné Korolakina : Comparé aux années antérieures – marquées par un contexte sociopolitique clivé – l’état des lieux de la liberté de presse est satisfaisant au Togo ; perfectible tout de même. Le dernier classement, publié par Reporter sans frontière (RSF), caresse dans le sens du poil cette réalité. Parmi les 180 pays notés dans le monde, le Togo tient une place convenable en se positionnant à la 71ème place. Un an plus tôt (2019), le pays avait progressé de 10 places en occupant le 76ème rang. De fait, il améliore son score de 0,36 points et réalise un bond de 05 places pour se positionner à la 10ème place en Afrique et 7ème au niveau de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Ce n’est pas rien.

A côté de ces chiffres expressifs, on peut citer pour corroborer cette thèse, la dépénalisation des délits de presse depuis 2004, les organisations professionnelles de journalistes qui disposent d’une imposante capacité de mobilisation à défendre la presse quand elle est attaquée, la liste est non exhaustive.

Augustin Amega : Si je l’entends par la capacité pour le journaliste de se déterminer sans influence extérieure, je dois beaucoup relativiser l’existence et l’utilité de la liberté de presse au Togo.

 

Si vous devez changer quelque chose au quotidien du journaliste togolais, que ferez-vous ?

Honoré Adontui : Travailler à sortir le journaliste togolais de la précarité

Dieudonné Korolakina : Je militerai pour une couverture sociale du journaliste, puisque le métier expose à des risques énormes. Je travaillerai fort pour rehausser le traitement salarial de mes confrères, puisqu’il en va de l’image même de la corporation. Tout ce qui peut permettre à un journaliste de se tenir loin de la manipulation et des turpitudes de celui qui est censé lui donné l’information juste et vraie.

Augustin Amega : Mettre en place une convention collective et créer un environnement économique favorable à son respect par des médias libres et responsables.

Interview réalisée par Hélène Doubidji

Last modified on Thursday, 07 May 2020 12:12

Leave a comment

Make sure you enter all the required information, indicated by an asterisk (*). HTML code is not allowed.

Togotopnews, le top de l'actualité Togolaise

Tel:

00228 91 90 30 65
00228 97 15 64 47

Facebook