Monday, 20 November 2017

M MEDIAS

Wednesday, 30 August 2017 10:02

Le credo de la pluralité, de la diversité et de la tolérance dans le beau métier du journalisme

La tension est montée dans l’univers politique au Togo. Dans cette atmosphère surchauffée, les journalistes sont la cible des tirs venant de tous les bords. Et comme on pourrait le constater, des appels  qui ne sont pas dans les normes fusent sur  les réseaux sociaux. Le dernier en date  qui nous interpelle, c’est l’appel  à attenter à la vie de quatre confrères notamment  Firmin Têko-Agbo,  Credo Teteh, Eli Goka et Aimé Ekpe, accusés « d’être en mission pour le pouvoir en place ».

La semaine dernière, un posting facebook  dont la capture d’écran a  fait le tour des réseaux sociaux  appelle à faire taire pour toujours ces quatre journalistes, après qu’ils aient été accusés d’ « être en mission pour  le régime ».  Ces propos diffamatoires ont  suscité des réactions mais aussi des mises au point  de la part de ces journalistes incriminés qui ont dénoncé la manœuvre.

« Traiter Credo Teteh, Eli Goka, Aimé et moi de journalistes vendus, c’est malsain et cela est loin d’honorer l’auteur lui-même. Et d’autres allant jusqu’à demander qu’on nous tue, c’est bien grave, triste et dangereux pour la démocratie que nous voulons tous construire. J’ai eu la preuve qu’il y en a qui sont suffisamment aveugles par leur extrémisme. S’il avait l’intelligence de lire mes chroniques, il comprendrait que seul le Togo est mon parti », a déploré Firmin  Têko-Agbo, Journaliste Chroniqueur.

 Pour sa part, le journaliste Eli Goka qui  réaffirme qu’il  défend  « les principes démocratiques et valeurs citoyennes», se dit triste de constater  qu’au Togo tout analyste qui n’épouse systématiquement pas les idées de l’opposition est traité de « vendu ».

Cet appel à ôter la vie à ces journalistes est  à l’évidence condamnable. Cela  renvoie une fois encore à la dureté du travail des journalistes au prise avec des factions engagées dans le combat politique. En réalité, il arrive souvent qu’un journaliste dans ses prises de positions ou commentaires épousent la position d’une faction. En ce moment-là, ce  camp l’applaudit mais dès lors que les analyses  du même journaliste prennent le contrepied du même camp, il devient l’ennemie circonstancielle de ce groupe d’intérêt.  

Sauf le journaliste activiste qui défend  uniquement un camp n’a pas ce problème. Il est adulé et aimé dans le camp qu’il défend. Bien attendu qu’il n’a pas bonne presse au niveau des autres bords politiques. Mais lui, n’est pas entre deux feux. Ceux qui essaient, eux, tant bien que mal à être indépendant des partis en lutte pour conquérir le pouvoir politique sont la cible des tirs venant de tous les bords.  

Ces actes sont déplorables dans la mesure où   la presse plurielle dans la  diversité des opinions  est un attribut de la démocratie. Il doit avoir tout de même pour  levain la tolérance mutuelle. Cela ne pourrait en être autrement lorsqu’on sait la complexité de  la matière du journalisme qui ne peut être qu’appréhender sous multiples prismes. Pluralité, diversité,  tolérance dans le beau métier du journalisme  pour faire couver la très fragile démocratie togolaise.

Au demeurant,  les autorités sont interpellées à protéger ces confrères dont la sécurité est en jeu.

 

Germain Doubidji

Leave a comment

Make sure you enter all the required information, indicated by an asterisk (*). HTML code is not allowed.

Togotopnews, le top de l'actualité Togolaise

Tel:

00228 91 90 30 65
00228 97 15 64 47

Facebook