Thursday, 20 September 2018

P POLITIQUE

Wednesday, 21 February 2018 21:53

Oliv-Bonaventure AYENA: « En voulant rester intransigeant, Jean-Pierre Fabre pèche contre l’esprit même du dialogue »

A la veille de l’ouverture officielle du dialogue inter-togolais, le chef de fil de l’opposition, Président national de l’Anc, Jean-Pierre FABRE déclarait dans un message : « Mes collègues de la coalition des 14 partis politiques et moi-même, nous prenons part au dialogue politique qui s’ouvre ce lundi 19 février 2018, en notre qualité de représentants de l’immense majorité de nos compatriotes togolais qui se mobilisent massivement sur toute l’étendue du territoire national et à l’étranger, dans la diaspora, pour manifester leur rejet absolu du régime de dictature qui régente le Togo et exiger le retour à la Constitution originelle de 1992, le vote de la diaspora, l’alternance et le changement, avec le départ immédiat du Chef de l’État actuel, Faure Gnassingbé. »

Selon plusieurs observateurs la réaction du Chef de fil de l’Opposition est inappropriée surtout à la veille des pourparlers devant permettre de parvenir à un compromis de sortie de crise. Oliv-Bonaventure  Ayena, Expert en médiation, Consultant auprès des Organisations de la Société Civile pour la diplomatie non gouvernementale,  en fait une succincte analyse qui juge cette sortie de Jean Pierre Fabre, de surprenante et lourde de conséquences quand il s’agit de l’analyser dans le prisme des principes qui conduisent à une issue favorable en matière de « négociation ».

 Voici le développement de son analyse!

  Le moment de cette sortie est inquiétant et contraire à l’esprit d’apaisement qui devrait caractériser cette période. En effet, dans toutes médiations ou facilitations, il est spécifiquement demandé aux parties lors de pré facilitation un devoir de retenue. Il faut donc que les parties s’abstiennent de faire des déclarations ou des sorties qui sont de nature à envenimer la situation. En cela il engage déjà in fine leur responsabilité puisqu’ils ont accepté la  médiation en participant au dialogue. Jean-Pierre Fabre devrait donc en sa qualité de leader de la coalition des 14, observer un silence et ne pas faire des sorties de nature à incommoder davantage la situation. En n’observant pas cela, il va à l’encontre du règlement intérieur (Principe directeur 4 qu’il a lui-même signé la veille).

 En outre, en demandant que ce dialogue se conclue par des décisions exécutoires, il pêche contre l’esprit même du dialogue. Un accord issu d’un dialogue doit avoir l’assentiment des parties en présence, une partie ne peut affirmer la nécessité de décisions exécutoires sans que les autres parties ne l’acceptent. Notons que dans la facilitation comme dans le dialogue on va pour en quelque sorte négocier et que chaque partie vient avec des points qui selon elles sont les sources du conflit. Aussi faut-il rappeler à Jean-Pierre FABRE qu’accepter d’aller au dialogue c’est accepter comprendre l’autre dans sa vérité et vice versa pour ensuite dégager ensemble une solution qui prendra en compte le désir et les aspirations de tous. Et dans les travaux préparatoires, on  exige des parties de travailler pour dégager un MESORE (Meilleure Solution Rechange) par rapport à leurs réclamations. C’est dire donc que dans l’essence même du processus on peut obtenir  une décision exécutoire que si toutes les parties autour de la table sont d’accord.

 Par ailleurs, Jean Pierre FABRE dit :« Nous attendons de ce dialogue, une déclaration claire et nette de retour à la Constitution originelle de 1992, avec toutes ses conséquences immédiates qui sont :

 Le départ de l’actuel chef de l’État qui a déjà exercé plus de deux mandats et la mise en place d’une transition politique encadrée par une Charte de la Transition ayant valeur constitutionnelle ;

-           La mise sur pied de structures législatives et exécutives de transition chargées de mettre en œuvre la révision du cadre électoral, y compris l’instauration du droit de vote pour les Togolais de l’étranger, le déverrouillage des Institutions de la République et l’organisation des élections législatives, locales et présidentielles totalement libres, transparentes et démocratiques.

 C’est un dialogue de la dernière chance qui doit tracer définitivement pour notre pays, les chemins de la paix, de la stabilité politique, du développement durable, de la rédemption »

 Le Chef de fil de l’Opposition confond la facilitation par le dialogue qui est le processus en place, avec l’arbitrage. Dans notre cas d’espèce nous n’attendons rien de personne; le facilitateur comme son nom l’indique n’est juste présent que comme gardien d’un processus. La solution réside dans les personnes autour de la table. Cette solution viendra de tous, et elle sera négociée ensemble avec toutes les parties. Elle ne peut être imposée par l’une des parties.

 Il me semble nécessaire dans le cadre de cet exercice d’énumérer certaines responsabilités qui pèsent sur les parties

 La responsabilité de ne pas nuire au processus en cours ceci a été dit clairement dans le document signé par les parties

-          La confidentialité et l’esprit d’ouverture et la bonne foi de toute la partie est nécessaire pour un processus réussi

-          S’en tenir au processus de communication tel que défini lors des rencontres préparatoires et qui figure dans les règlements notamment à l’article 5 dans le cas qui nous intéresse

-          Avoir une éthique qui sous entend la volonté de voir le dialogue réussir et mettre toute son énergie et sa foi en ce processus.

Oliv-Bonaventure AYENA, Expert en médiation, Consultant auprès des Organisations de la Société Civile pour la diplomatie non gouvernementale 

 

 

 

 

 

Last modified on Thursday, 22 February 2018 08:07

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