Thursday, 23 November 2017

P POLITIQUE

Monday, 19 June 2017 12:47

Interview de Nathaniel Olympio «Les questions de fichier électoral, de la CENI et la Cour constitutionnelle sont des centres de préoccupation du Parti des Togolais. Et je compte me battre avec énergie sur ces questions. »

M. Nathaniel Olympio, Président par intérim du Parti des Togolais M. Nathaniel Olympio, Président par intérim du Parti des Togolais

Le Président par intérim du Parti des Togolais, Nathaniel Olympio s’est  livré à Togotopnews aux lendemains de l’officialisation de l’unité d’action  sur la question des réformes et de la décentralisation entre le CAP 2015 et le Groupe des Six auquel appartient le Parti des Togolais. M. Nathaniel Olympio  revient donc ici sur  les chances de réussite de cette initiative, la préoccupation par rapport aux autres partis qui ne sont pas dans cette dynamique, l’examen du projet de lois portant décentralisation en cours à l’Assemblée National.  Le Chef du Parti des Togolais  s’est également prononcé sur la  récente élection du Chef de l’Etat à la tête de la CEDEAO.  Aussi a-t-il parlé de  l’évolution des activités au sein du Parti des Togolais et donné le point de vue de son parti sur la question de l’alternance  au Togo. Lecture :

Vous   assumez l’intérim de la Présidence du Parti des Togolais, il y a un bout de temps. Cela se passe plutôt bien ?

Le travail  que nous faisons au Parti des Togolais est un travail exaltant. Un travail exaltant parce que c’est un travail d’engagement,  c’est un travail de conviction  et je pense que tous les acteurs qui sont impliqués dans cette démarche  au sein du parti jouent leur partition avec beaucoup de sérieux et de sérénité. Pour ce qui me concerne à la présidence par intérim, c’est d’abord une responsabilité importante parce que nous sommes certes, un parti jeune dans le paysage politique mais nous sommes un parti très actif, un parti  très engagé dans toutes les problématiques qui concernent le peuple togolais. Oui, cela se passe bien depuis que j’assume l’intérim. Oui, cela avance parce que nous sommes en train de nous organiser pour les enjeux à venir. Oui, cela avance également parce que nous comprenons que les populations  sont maintenant bien informées de nos intentions, de la démarche que nous menons, du travail que nous faisons de participer aux regroupements des partis politiques  de l’opposition pour une action unitaire. Sachez que le Parti des togolais est un parti qui demeure très engagé dans le travail que nous faisons pour le peuple togolais.

Le  Groupe des Six dont  fait partie le Parti des Togolais et le Cap 2015 ont officialisé la semaine dernière leur entente à œuvrer pour les réformes et la décentralisation. Quelle en est la motivation ?

Je crois que la motivation n’a pas changé depuis que les partis d’opposition se battent pour améliorer le paysage politique au Togo. La motivation reste la même parce que les objectifs ne sont pas encore atteints. Vous savez que les lendemains de l’élection présidentielle de 2015 ont constitué un choc pour la classe politique de l’opposition. Cette élection a également constitué un choc pour la population togolaise qui ne s’attendait pas du tout à voir les choses comme elles se sont déroulées. Ceci a été  un signal pour l’opposition togolaise qui s’est un peu retiré en lui-même pour réfléchir, pour comprendre ses faux pas,  pour comprendre les erreurs qui ont pu être  commises,  et qui n’ont pas permis d’atteindre les objectifs poursuivis. Donc cette grande réflexion  a ramené chacun à la juste valeur de ses propres capacités ou plutôt à la limite de ses capacités, en ce sens que  beaucoup d’acteurs de l’opposition ont compris que personne ne fera  les choses toute seule. Aucun parti ne mettra  à la disposition des togolais ce qu’ils entendent, en travaillant tout seul. Et donc nous,  nous avons dans le groupe des six partis politiques, mis en place par les partis que sont  Parti des Togolais, MCD, Les Démocrates, Le Togo Autrement, FDR et ADDI, compris que nous devons travailler la main dans la main. Nous avons compris que nous devons mener une action concertée  sur deux thématiques principalement la décentralisation et les réformes. Ce qui est également important  de souligner, c’est que  ce regroupement s’appuie sur une expérience passée, celle qui a produit  des déchirements au sein de l’opposition. Ces déchirements  puisent souvent leurs sources dans les conflits d’intérêts partisans et généralement ce qui est la source d’intérêt  partisans pour les partis politiques, ce sont les questions d’élections, les questions de postes etc.  Donc pour ce groupe-là, nous avons décidé de ne pas intégrer les notions qui peuvent être  source de division. Du coup, le travail que nous nous sommes donnés dans ce groupe, c’est de ne pas parler d’élection parce que, c’est d’ailleurs incongru de parler d’élections alors que les conditions ne sont pas réunies pour une  élection efficace. Donc on a décidé de travailler sur les conditions d’organisation d’élections, de nous battre ensemble pour obtenir des conditions démocratiques, les conditions de transparence et les conditions d’équité  et cet objectif-là intéresse tout le monde.  Alors cette initiative que nous avons prise, je pense que nous faisons notre petit bonhomme de chemin et aujourd’hui comme vous le savez, nous avons été en étroite discussion avec le CAP 2015, ce qui  nous a permis de  faire une sortie ensemble où nous nous inscrivons exactement dans la même dynamique, celle de travailler ensemble pour  les meilleurs conditions d’organisation des élections. Là également dans le rapprochement de ces deux groupes, nous n’avons pas  créé une dimension électorale dans notre préoccupation, mais uniquement de travailler sur l’amont, c’est-à-dire  les conditions d’organisation des élections. Je pense que cela va d’un autre côté aider le peuple togolais à voir que  nous avons tenu compte  des expériences passées et nous sommes également en train de nous engager dans une démarche d’humilité pour travailler ensemble et  atteindre l’objectif que le peuple togolais attend de nous. Les questions de fichier électoral, de la CENI et la Cour constitutionnelle sont des centres de préoccupation du Parti des Togolais. Et je compte me battre avec énergie sur ces questions. Ils font les réformes, ou ils laissent le Peuple Togolais tranquille.

Cette union pourra-t-elle faire long feu,  si on sait que  le Groupe des six  a opté pour le plaidoyer dans le cadre de la réalisation des réformes et  que le Cap2015   mise exclusivement sur le peuple  pour  résoudre  le problème togolais ?

Non,  le groupe des six n’opte pas que pour le plaidoyer. Quand vous lisez entièrement notre document, vous  allez mieux comprendre cela. Le plaidoyer pour nous, c’est  pour expliquer les choses à tout le monde pour que les gens comprennent ce que nous voulons faire et que le gouvernement également comprenne cela.  Nous avons fait  des  recommandations et nous espérons que ces recommandations seront mises en œuvre. Néanmoins,  il y a  également la suite de la démarche qui consiste à aller vers les populations. Nous n’avons jamais dit que nous n’expliquerions pas les choses aux populations. Donc, Cela fait partie de notre démarche. Aller vers le peuple togolais, lui expliquer ce que nous avons mis dans notre document,  lui présenter quels sont les enjeux et  enfin lui faire prendre conscience du rôle important qu’il peut  et doit aussi jouer dans toutes les problématiques du Togo. Je pense que cette composante de notre population qui est le peuple a un rôle important à jouer. Il faut l’inciter, lui expliquer, lui  présenter les enjeux pour qu’il joue sa partition.

Certains sont déjà sceptiques quant à l’atteinte de vos objectifs ? Qu’est-ce que vous leur direz ?

Je pense que ceux qui sont sceptiques, ce sont peut-être ceux qui veulent que les choses ne changent pas. Les togolais qui souffrent veulent que les choses changent.  Le peu d’espérance que peut susciter toute action qui est engagée, et bien c’est une espérance à laquelle on doit s’accrocher. Il ne faut pas dénigrer l’espérance.  Il ne faut pas taper sur cette espérance-là. Il ne faut pas tuer l’espérance avant qu’elle ne prenne forme. Nous sommes en train de prendre une initiative, c’est la continuité de la lutte.  De toute façon,  on ne peut ne pas  continuer la lutte simplement parce qu’il y a eu dans  le passé  des situations difficiles  et qui n’ont pas permis d’atteindre  les objectifs. C’est justement parce qu’on n’a pas encore atteint les objectifs  qu’il faut continuer de travailler,  qu’il faut continuer de lutter. Et bien sûr, on a besoin de la contribution de tout le monde. Ceux qui commencent par taper sur les efforts conjoints  qui sont faits par les différents acteurs de l’opposition, ce sont  les gens qui ne veulent pas que les choses changent finalement.

Pouvez-vous atteindre les résultats escomptés au moment où cette union est encore parcellaire car mettant de côté un certain nombre de partis politiques ?

Je vais vous renvoyer au lendemain de 2015, personne n’imaginait que les partis politiques de l’opposition pourraient encore travailler un jour ensemble. Tellement, il y a eu la déchirure, après cette élection-là, entre ceux qui sont allés et ceux qui n’y sont pas allés.  Au regard des propos très difficiles qui ont été tenus par les uns et les autres sur les médias, plus personne au Togo ne pensait que l’opposition allait pouvoir travailler encore ensemble. Et bien, nous, déjà dans le groupe des six partis politiques, nous avons montré que c’est encore possible, et aujourd’hui  le rapprochement qui s’est établi aussi avec le CAP 2015 montre que l’opposition peut encore travailler plus largement ensemble. Ceux qui ne sont pas encore engagés dans cette dynamique, je pense qu’il faut leur laisser le temps. Chacun avance à son rythme. J’ai entendu  sur les médias des gens de l’opposition encouragé cette initiative quand bien même, ils  ne font pas partie des acteurs de cette initiative. Je pense qu’il faut laisser à chaque parti politique sa stratégie puis on verra comment les choses vont avancer.

L’examen du projet de lois portant décentralisation est en cours à l’Assemblée nationale. Quel regard portez-vous sur ce projet de lois ?

Le processus de décentralisation dans son ensemble m’inquiète. Cela m’inquiète  parce que, nous n’avons pas de visibilité. Cela m’inquiète parce que,  nous n’avons pas de chronogramme. Cela m’inquiète parce que les choses sont faites dans l’opacité totale par le gouvernement. Et le projet de loi en particulier est un projet de loi inquiétant à certains égards. Parce qu’on a fait des délimitations de zones de circonscriptions, de zones géographiques où on n’a même pas de noms donnés aux localités qui sont en création. La délimitation des localités ne se fait pas en fonction de la taille des populations, tout cela c’est inquiétant. Je ne vois pas très bien la clarté et l’honnêteté qui guident ce travail de décentralisation. Moi, je suis sceptique sur ce qui est en train d’être fait. Sceptique sur la volonté du gouvernement de servir le peuple. Ce gouvernement ne pense qu’aux intérêts du clan au pouvoir.

Revenant  au Parti des Togolais,  quelle est votre option pour accéder au  pourvoir ? Nous posons cette question eu égard aux récentes déclaration dans la presse de l’ex-Président du Parti des Togolais qui estimait qu’il n’est plus possible d’accéder au pouvoir au Togo par la voie de urnes ?

Ce que vous avez citez est incomplet.  Il n’est pas possible d’accéder à une alternance par la voie des urnes dans  les conditions actuelles. C’est exactement  ce que nous sommes en train de dire. C’est bien pour cela, que nous sommes en train de nous battre pour améliorer les conditions, les  rendre démocratiques.  Si les conditions sont toujours telles qu’elles sont aujourd’hui,  on ne peut pas obtenir l’alternance. Donc à l’heure où je vous parle, le combat n’est pas dans les urnes. Le combat   est plutôt dans les conditions d’organisation des élections.  La transparence, l’équité, les règles d’élections démocratiques, c’est cela notre vision.

Avant de terminer, M. Nathaniel Olympio , dites-nous que vous inspire  l’ élection récente  du Chef de l’Etat,  Faure Gnassingbé à la tête de la CEDEAO ?

Je pense que le peuple togolais n’a aucune prérogative pour participer à la désignation d’un Chef d’Etat comme Président de la conférence des Chefs d’Etats de la CEDEAO ou l’empêcher. C’est la prérogative des Chefs d’Etats.   Ils ont désigné M. Gnassingbé comme Président  de la Conférence des Chefs d’Etats, nous en prenons acte.  Ce qu’il faut souligner de notre point de vue,  c’est que celui qui a la responsabilité de diriger la CEDEAO, a la responsabilité de promouvoir les textes et les principes de la CEDEAO. Je pense que l’un des principes qui sont chers au peuple togolais, particulièrement le principe de la limitation de mandat qui est un principe de la CEDEAO est appliqué dans  pratiquement tous les pays de la CEDEAO.  Le Togo est l’un des rares pays où ce principe n’est pas appliqué,  peut être avec la Gambie, mais là les choses sont en train d’évoluer également. Donc le Togo demeure le seul pays où ce principe de limitation de mandat n’est pas encore appliqué. On a désigné M. Gnassingbé comme garant  des principes et  protocoles, on espère qu’il va  appliquer ces principes dans son propre pays. Ce serait aussi le bienvenu que les autres Chefs d’Etats puissent également l’emmener à fonctionner dans ce sens,  l’inciter  à respecter les textes de la CEDEAO.  C’est ce que nous espérons.

Votre  mot de fin

Je pense que ce qui est aujourd’hui important pour les togolais, c’est de  connaitre une amélioration de leur condition de vie. Et malheureusement parfois le discours que les politiques tiennent n’illustre pas très bien que les hommes politiques s’inquiètent de la situation  des populations. Mais  ce que je voudrais  préciser, c’est que lorsque au Parti des Togolais nous parlons des reformes, les gens doivent comprendre qu’il ne s’agit pas uniquement des reformes pour gagner les élections. Le sens profond des reformes que  nous exigeons,  c’est  d’avoir des conditions qui permettent  à chaque Togolaise et chaque Togolais de pouvoir vivre décemment, de pouvoir bénéficier d’un emploi, de pouvoir disposer d’un environnement sanitaire qui soit acceptable.  Nous sommes en train de mener à travers des actions politiques, une lutte qui est destinée à améliorer le quotidien des Togolais.  C’est ce que les togolais doivent comprendre. Nous nous battons pour avoir des instruments qui nous permettrons d’améliorer la gouvernance   et  les conditions de vie  des togolais. C’est pourquoi tous les citoyens doivent jouer leur partition dans ce challenge qui est finalement le challenge de tous les togolais.

 

Interview réalisée par Hélène Doubidji

Last modified on Monday, 19 June 2017 13:02

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