Monday, 25 September 2017

P POLITIQUE

Monday, 11 September 2017 18:16

CHRONIQUE POLITIQUE DE Firmin Teko-Agbo : Togo : Faure Gnassingbé et Jean-Pierre Fabre, obstacles aux réformes politiques ?

L’un est Président de la République. L’autre est chef de file de l’opposition. Le premier cherche à anéantir politiquement le second. Et il met toutes les astuces en place pour y parvenir. Le second  qui revendiquait entre temps l’opérationnalisation des réformes constitutionnelles et institutionnelles exige maintenant le départ du chef de l’Etat du Pouvoir. Cette nouvelle position de l’Opposant Fabre semble embarrasser. Beaucoup y voient déjà une volonté de tout bloquer et de ne pas voir s’opérer les réformes. Le Président bien sûr de lui, sachant qu’il quittera un jour son Pouvoir pourrait accepter les réformes mais pas avec des conditions imposées par l’opposition populiste. Gnassingbé et Fabre, l’un travaille pour détruire l’autre et le second pour protéger le fauteuil de son Président !

Le Président de la République ne veut plus entendre parler de son Opposant populiste. On dirait. Il l’énerverait. Il n’aurait même plus de considération pour lui. Entre temps, Gnassingbé avait eu la ferme volonté d’élever Fabre au rang de « Second man of Power » dans le pays. Surtout au lendemain des Législatives de 2013. Ceci pour pouvoir discuter avec lui périodiquement des questions qui animent fondamentalement la vie du pays. L’audience accordée à l’opposant au premier trimestre 2014 le démontre à suffisance. Mais le Numéro 1 Togolais se serait vite rendu compte que son Opposant ne mérite pas la place du Numéro 2.  Il ne le considère même pas comme un Opposant. Il le trouverait moins cohérent. Tout sauf un politicien. Gnassingbé ne trouverait pas Fabre comme un interlocuteur crédible. Le Chef de l’Etat comptait régler la question des réformes politiques avec le Chef de file de l’Opposition. Mais il s’est rendu compte que ces questions se discutent entre politiciens. Fabre « n’étant pas politicien », point n’est besoin de le recevoir encore au Palais ou d’engager quelques discussions que ce soit avec lui et sur les réformes ou tout autre sujet majeur qui anime la vie du pays. L’Opposant s’en étant aperçu travaillerait au maintien du statut quo.. Entre le Président et son Opposant, qui ne voudrait pas des réformes ?

Faure Gnassingbé : Obstacle aux Réformes ?

La question semble épineuse. Il faudrait d’abord chercher à savoir ce que veut  le Président et la situation qui lui profiterait. Au pouvoir depuis 2005, à la suite de la mort de son Père Dictateur qui a régné 38 ans sans partage, le jeune Président  Faure Gnassingbé a rapidement pris goût du pouvoir et s’est mis aussi  dans la posture d’un jeune Dictateur. Il parle peu, contrôle les richesses de son pays et toutes les institutions de la République. Mais le Jeune Président Dictateur (JPD) sait pertinemment que la situation ne resterait pas statique. Il sait qu’il partira un jour. Il sait que même si la Constitution actuelle est trop bien généreuse en termes de mandat présidentiel et autres, le temps vient où des réformes s’imposeront pour verrouiller les choses et protéger un peu plus l’avenir du pays.  Et il commence par faire ses petits calculs.

Premier calcul : Retour à la constitution de 1992. Mandat présidentiel limité.  « Le président de la République est rééligible une seule fois ». La loi nouvelle ne disposant que pour l’avenir, le Chef de l’Etat pourrait encore se présenter aux élections présidentielles en 2020. En tout cas s’il le veut. A partir de 2020, il aura la possibilité de faire strictement 2 mandats. Et il finit en 2030. Et cela ferait 25 ans au Pouvoir pour lui seul.  Avec ce petit calcul, le Jeune-Président Dictateur (JPD) ne trouverait aucun inconvénient en optant pour les réformes politiques. Il aurait donc du temps suffisant pour préparer sa retraite et se trouver un successeur. Donc ici, Faure Gnassingbé souhaiterait que les réformes soient faites. Oui pour les Réformes politiques !

Deuxième calcul : Retour à la Constitution de 1992. Mandat présidentiel et parlementaire limité. Si la pression devient forte et que le principe de la rétroactivité de la loi est allégué, le Président de la République qui aurait pour ambition d’anéantir politiquement ou de faire disparaitre de la scène politique tous ces vieux politiciens ou opposants depuis les années 90 et qui ont combattu son père et lui accepterait volontiers de quitter le Pouvoir en 2020 à la fin de son 3ème mandat. Mais à une seule condition : Que la même disposition soit applicable également aux Députés. Conséquence : les députés de l’Opposition et de la majorité qui ont déjà fait deux mandats à l’Assemblée nationale ne se présenteront plus aux Législatives prochaines. Les Jean-Pierre Fabre, Patrick Lawson, Isabelle Améganvi, Dama Dramani et autres prendront leur retraite politique en 2018, fin de l’actuelle Législature.  Le JPD aurait donc réussi à écarter définitivement Jean-Pierre Fabre et compagnie du fauteuil présidentiel et à leur infliger une retraite politique contre leur propre volonté.

Le jeune-Président-Dictateur, si cette éventualité arrivait à fonctionner, en serait très heureux. Très heureux parce qu’il aurait détruit politiquement et à jamais, le Leader de l’Alliance Nationale pour le Changement Jean-Pierre et ses amis.

Avec ces petits raisonnements, le JPD pourrait donner libre cours aux réformes politiques. Leur opérationnalisation ne l’embêterait. Il aurait Trois ans pour préparer son départ et rendre le Régime encore plus puissant avec un nouveau chef Marionnette. Lui-même serait dans l’ombre et s’effacerait mais déciderait de tout.  Donc Faure Gnassingbé souhaiterait que les réformes soient faites. Oui pour les Réformes !

Dire oui aux réformes ne  dérange nullement le Président de la République car cela ne signifie en rien le départ ou la chute du Régime en place depuis  plus de 50 ans. Au contraire, la méthode aiderait le Régime à être encore plus cohérent et bien monolithique.

Jean-Pierre Fabre : Obstacle aux réformes constitutionnelles et institutionnelles ?

Que ce soit en 2012 ou en 2014, Jean-Pierre Fabre fait du départ du président Gnassingbé son leitmotiv. Une position qui bloque tout et qui ne permet pas d’évoluer.

2017. Tikpi Atchadam, parle du retour à la constitution de 1992. Me Agboyibor parle des réformes tout comme Me Apévon. Fabre aussi au début de la manifestation du 6 septembre 2017. Mais vers la fin de la manifestation et au deuxième jour de la manif, Fabre déclare clairement : « … les réformes, c’est trop tard, s’il faut aller au dialogue, ce sera pour discuter des conditions du départ de Faure Gnassingbé ».

Que gagnerait-il avec la démission du Président ou est-ce juste une stratégie pour cacher ses vrais sentiments ?

Premier calcul : Si l’on fait les réformes avec retour à la Constitution de 1992. Compteur à zéro. Faure Gnassingbé quitterait le Pouvoir en  2025 ou 2030.  Fabre ferait ses petits calculs. Jean-Pierre Fabre est né en 1952. Il a  65 ans en cette année 2017. Il aura 68 en 2020. En 2030, le Président Gnassingbé serait entrain de finir ses deux mandats de 5 ans. Et Fabre aura 78 ans. Il sera frappé par l’âge et surtout si la limite d’âge est de 70 ans (selon des indiscrétions, l’âge pourrait être  limité à 70 ans. Même si Faure Gnassingbé n’a qu’un mandat de plus, ce qui signifie qu’il quittera le Pouvoir en 2025, Jean-Pierre Fabre qui a aujourd’hui 65 ans aura 73 ans en cette année 2025. Il ne pourrait plus se positionner pour les présidentielles. Sur ce point, Jean-Pierre Fabre n’accepterait jamais que les réformes politiques soient faites. Il s’y opposera toujours. Raison pour laquelle il avance « c’est trop tard pour les réformes » alors que ses autres amis de l’opposition en plus de  Tikpi Atchadam la Star du moment maintiennent leur position par rapport aux réformes.  Fabre sait donc que ces réformes ne lui profiteraient guère. Il sait que cela profiterait beaucoup plus aux autres à l’avenir. Comme il n’en tirerait aucun profit, il préfèrerait tout faire capoter en chantant « Gnassingbé doit démissionner » ou en évitant tout dialogue traitant des réformes politiques. Fabre ne voudrait pas des réformes politiques.. Non aux réformes !

Deuxième calcul : Retour à la Constitution de 1992. Mandat présidentiel et parlementaire limité. Effet immédiat. Faure Gnassingbé quitterait le Pouvoir en 2020. Jean-Pierre Fabre sait qu’en se présentant à la présidentielle de 2020, il lui serait très difficile de rempiler, de remporter. Parce que tout d’abord toute la machine électorale serait toujours entre les mains du Régime. Ensuite, les ténors de l’Opposition ne le soutiendront nullement. Me Agboyibor, Agbéyomé Kodjo, Edem Kodjo (puissant pion de la France) et Gilchrist Olympio ne le soutiendront et ne voteront jamais pour lui. Ils n’ont jamais eu confiance en lui. Ils ne le prennent pas au sérieux. Il serait même difficile à  l’Armée de le soutenir car toute armée de par le monde aime fonctionner avec des Chefs cohérents et bien posés. Enfin, Fabre sait que ni la France, ni les USA, bref toute la Communauté internationale n’est pas ou ne sera pas encore prête pour soutenir son éventuelle candidature. La Communauté internationale ne trouve pas en lui un interlocuteur crédible, celui à qui on peut confier les destinées d’un pays. Fabre sait tout cela. Et sachant donc au vu de tout cela qu’il ne pourrait gagner en 2020, il préfèrerait jouer à un jeu trouble et à tout faire pour que discussions ou dialogues n’aient jamais lieu jusqu’à parler de l’adoption des réformes. Donc Fabre ne voudrait pas des réformes. Non aux Réformes ! 

3ème calcul : Retour à la Constitution de 1992. Mandat présidentiel et parlementaire limité. Et supposons que le Président de la République démissionne. Fabre sait que dans cette aventure, le Pouvoir ne lui serait jamais remis. Le Régime ayant encore toute la machine de gestion du pays entre ses mains trouverait un successeur à Faure Gnassingbé. Le Pouvoir pourrait être remis à un autre opposant mais jamais Fabre. Et le Chef de file de l’Opposition lui-même le sait. Alors sachant tout cela, il préfèrerait juste chanter « Faure Gnassingbé doit quitter le pouvoir », sachant que son vœu ne serait pas exaucé, ou en le chantant ainsi, cela énerverait le Régime et son Patron qui se maintiendront encore fortement au Pouvoir. Fabre ne voudrait pas des réformes. Non aux réformes.

Jean-Pierre Fabre ne voudrait pas des réformes politiques. Tout porte à croire qu’il ne souhaiterait pas que les réformes soient faites. Parce qu’il se serait aperçu que les réformes politiques ne lui profiteraient nullement. Jean-Pierre Fabre a peur des réformes. Il fuit toutes discussions ayant trait aux réformes politiques. Le statut quo lui conviendrait mieux. « Que la situation reste inchangée », cela l’arrangerait mieux. Scander régulièrement « Faure Gnassingbé doit quitter le Pouvoir » N’est qu’un alibi ou ne sert qu’à distraire. Scander régulièrement « Faure Gnassingbé doit quitter le Pouvoir » sert à  fâcher le Régime cinquantenaire, à l’amener à sursoir à toutes discussions ayant trait aux réformes constitutionnelles et institutionnelles.

Vieilli, fatigué et appauvri par le Pouvoir cinquantenaire, le Leader de l’ANC préfèrerait cette situation actuelle qu’une autre où les réformes seraient faites ce qui  l’exclurait peut-être de la scène.

Faure Gnassingbé en disant oui aux réformes crée donc  une nouvelle méthode ou stratégie pour calmer les ardeurs et maintenir son système en place.. Jean-Pierre Fabre lui sait qu’en s’opposant aux réformes, il garderait toujours ses privilèges, encouragerait le statut quo et permettrait au système de se renforcer et de se maintenir au Pouvoir.. Jean-Pierre Fabre, Viel Opposant Dictateur (VOD).

Gnassingbé et Fabre, deux Dictateurs qui travailleraient pour le maintien du Système RPT/UNIR  au Pouvoir…

Chapeau Chers Dictateurs !

 

Chapeau chers JPD et VOD !

Last modified on Monday, 11 September 2017 18:18

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