Monday, 25 September 2017

P POLITIQUE

Wednesday, 13 September 2017 07:39

Manifestations politiques au Togo : Le syndrome du 12 juin hante l’esprit de la synergie de l’opposition

Les manifestations politiques en occurrence les marches des partis de l’opposition jusqu’à un moment très récent au Togo ne faisaient plus ni chaud ni froid au parti au pouvoir, Union pour la République (UNIR). Les manifestations menées par un des anciens partis politiques de l’opposition étaient devenues une routine dans le pays et  les a réduit ainsi à « rien de nouveau sur la lune ». Mais le jeune parti de Tikpi Acthadam  par sa mobilisation du 19 Août dernier a redonné « vie et  goût»  aux manifestations publiques. Force retrouvée, oui mais fera-t-elle long feu ? Le syndrome du 12 juin va-t-il refaire surface ?

En effet, les manifestations publiques organisées par le Parti National Panafricain (PNP) le 19 août à Lomé et à l’intérieur du pays ainsi qu’au sein de la diapora  ont fait « paniquer » plus d’un. Elles ont d’une manière ou d’une autre réconforté les partis politiques de l’opposition mais aussi remobilisé les citoyens aspirant aux réformes politiques. Pour rappel, le PNP revendique le vote de la diaspora et le retour à « la constitution originelle de 1992 »  votée à plus de 90% par la population togolaise et  toilettée  en 2002 par le régime RPT devenu UNIR. Cette revendication du PNP a été reprise par  14 partis politiques de l’opposition parmi lesquels les différents partis des deux principaux regroupements CAP 2015 et Groupe des six, le parti Santé du Peule, le CAR et  le NET, conduisant à des manifestations de l’opposition les 06 et 07 septembre derniers. Des manifestations qualifiées de « marée humaine » par la  presse nationale et internationale.

Pour certains analystes, ces manifestations des 06 et 07 étaient une réussite pour l’opposition mais d’autres observateurs avisés pensent que la « mauvaise gestion » de cette mobilisation  gigantesque par les partis politiques de l’opposition est « un échec ».

Les  manifestations des 06 et 07, une réussite  gaspillée ?

D’abord, il est à retenir que ces manifestations ont  mis ensemble 14 partis politiques de l’opposition autour d’une même revendication, chose que bon nombre croyaient impossible jusqu’à la veille de ces manifestations. Ensuite, elles ont réuni des centaines de milliers de personnes dans les grandes artères de la ville de Lomé, ce qui n’était plus possible avant la marche du PNP.  Enfin, elle a été pacifique pour ce qui concerne les organisateurs et les militants.  Marche pacifique, certes  mais la jubilation de l’opposition n’a pas pu aller à son terme, cause les manifestants étaient restés dans les rues avec les leaders jusqu’au-delà de 22 heures. Ce qui  est interdit par la loi régissant les manifestations au Togo communément appelée « loi Bodjona ».  Face au « non-respect» des dispositions légales, les manifestants ont été dispersés à coup de gaz lacrymogènes et pourchassés. Le non-respect de la loi n’a pas été la seule raison donnée par certains observateurs pour qualifier la gestion des manifestations par les leaders de l’opposition de « mauvaise».

En effet, l’argument donné par les leaders des partis politiques de l’opposition pour rester dans les rues avec leurs militants jusqu’au-delà de 22 heures est que « les militants ont refusé d’aller au point de chute de la marche et décidé de rester au Carrefour Déckon (grand carrefour commercial du pays) jusqu’à obtenir satisfaction des revendications ». Ce repli des leaders de l’opposition aux désidératas des militants est considéré comme une erreur car selon des analystes, un bon leader ne doit en aucun cas se laisser conduire par ses militants. Pour eux, dans les cas pareil, il n’y a plus de différence entre le leader et le militant.

Puis la nouvelle revendication « inopportune »

A part le repli observé chez les responsables des partis politiques de l’opposition, il est à noter aussi l’insertion d’une nouvelle revendication qui est qualifié d’ « inopportune » par des observateurs.  La nouvelle revendication qui a fait parution est la « démission » et la « discussion des conditions de départ du président « élu » Faure Gnassingbé. Pour des analystes, c’est comme si l’opposition ne sait exactement pas ce qu’elle cherche. Les réformes ou le départ d’un président qui n’a pas encore terminé son mandat en cours ? Cette question mérite d’être posée car pour mémoire la grande mobilisation du « Collectif sauvons le Togo » le 12 juin 2012 avait échoué pour des raisons similaires. Aussi se demande-t-on, si le  syndrome du 12 juin hante toujours l’esprit de la synergie de l’opposition.

Par ailleurs, il faut rappeler que le gouvernement à la veille des manifestations de l’opposition a envoyé de manière urgente un projet de loi à l’Assemblée nationale qui tient compte de la limitation des mandats électifs et des élections à deux (02) tours. Une démarche que l’opposition n’adhère pas en restant camper sur sa position de retour à la constitution de 1992 et la démission du Chef de l’Etat.

Pourtant la  sagesse conseillerait que l’opposition travaille  à avoir comme  acquis le contenus  de ce projet de loi, quit à continuer la mobilisation pour assainir le cadre électoral et  s’organiser pour espérer battre  Faure Gnassingbé dans les urnes.

En conférence de presse ce 11 septembre, les responsables des partis politiques de l’opposition annoncent de nouvelles manifestations  pour les prochains jours notamment un meeting le 15 Septembre  à Lomé et une grande marche de mobilisation les 20 et 21 septembre sur toute l’étendue du territoire. La grande interrogation pour les citoyens est de savoir si ces énergies seront utilisées à bon escient par l’opposition pour obtenir les réformes ? Ce sera encore une peine perdue ? Le pouvoir de Faure Gnassingbé va-t-il fléchir ? En tout cas comme les anglophones savent bien le dire, « wait and see ».

 

Atha Assan

Last modified on Wednesday, 13 September 2017 08:13

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