Thursday, 14 December 2017

P POLITIQUE

Thursday, 12 October 2017 19:42

Situation socio-politique au Togo : le CGDPC donne son point de vue

Les membres du Conseil d’Administration du Centre pour la Gouvernance Démocratique et la Prévention des Crises (CGDPC) réunis ce 10 octobre 2017, se sont prononcés sur la situation socio-politique qui prévaut au Togo, depuis le 19 Août 2017.  Ils ont situé les responsabilités dans cette crise qui perdure et ont fait un certain nombre de recommandations. Lire plutôt le compte rendu de la réunion :

 

COMPTE RENDU DE LA REUNION EXTRAORDINAIRE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DU CGDPC CONSACREE A LA SITUATION POLITIQUE QUI PREVAUT AU TOGO DEPUIS LA MI AOUT 2017 

Les membres du Conseil d’Administration ont entendu, le 10 octobre 2017, un exposé du Coordonnateur de la Cellule de Suivi de la Problématique des Réformes Constitutionnelles et Institutionnelles (CSPRCI) du Centre pour la Gouvernance Démocratique et la Prévention des Crises (CGDPC).

Les membres du Conseil d’Administration se sont félicités, au moins, du fait que la pression populaire préliminaire aux marches des 6 et 7 Septembre 2017 ait contraint le Gouvernement à se réveiller de sa torpeur affichée depuis l’obtention de l’Accord Politique Global (APG) pour envoyer en urgence à la Représentation Nationale, le 05 Septembre 2017, un Projet de Révision Constitutionnelle calqué uniquement sur les aspects électoraux. Toutefois ils déplorent cette réponse partielle de l’Exécutif ainsi que la réaction de la dynamique de l’opposition qui a manqué depuis lors de capitaliser cette mobilisation populaire en alliant pression et dialogue.

Les membres du Conseil d’Administration ont souligné qu’il incombe dans le contexte actuel au Président de la République de prendre ses responsabilités en sa qualité de garant de l'indépendance, de l'unité nationale, de l'intégrité territoriale, du respect de la Constitution, de la continuité de l'Etat et des institutions de la République. Cette prise de responsabilité passera par la mise sous éteignoir du projet de référendum proposé par le Groupe parlementaire UNIR qui n’a pas su aller au-delà de la proposition limitée du Gouvernement alors qu’elle en avait la possibilité. La marche en avant vers ce référendum précipitera le divorce entre l’opinion publique et le pouvoir en place qui aura une fois de plus commis l’erreur de ne pas se débarrasser de son carcan politique à un moment où il devrait arborer son manteau républicain. Et bien évidement les progrès réalisés jusqu’ici risquent d’être réduits à néant.  Ils ont exprimé leur profonde préoccupation face à la persistance des retards observés dans la mise en œuvre des réformes constitutionnelles et institutionnelles et exhortent le Gouvernement togolais et la coalition de l’opposition à adopter chacun des comportements de nature à apaiser le climat social.

S’agissant plus particulièrement des points liés à la constitution, le Conseil d’Administration tient à rappeler sa position sur la nécessité de les opérer en se fondant sur certaines dispositions fondamentales de la constitution originelle de 1992 mais ne voit aucunement l’opportunité d’un retour intégral au texte promulgué le 14 octobre 1992. Une lecture de l’article 155 de la constitution promulguée le 14 Octobre 1992 permettra aux différentes parties de se rendre compte que toutes les attentes des uns et des autres peuvent être comblées si elles se donnent la peine de rechercher une solution politique au contentieux actuel au lieu de chercher à lui donner une allure juridique qui se révèle non appropriée en l’espèce. Ils exhortent le Président de la République à envoyer en deuxième lecture au niveau du parlement la proposition rendue par la Commission des Réformes en prenant soin d’y intégrer deux éléments :

 Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. En aucun cas nul ne peut exercer plus de deux mandats ;

 Les dispositions relatives à la limitation des mandats ne sont pas applicables à ceux en cours.

Les membres du Conseil d’Administration ont souligné que le silence affiché par le Président de la République depuis le début des évènements frise un manque de considération à l’endroit de l’ensemble du peuple peu importe les convictions divergentes qui résident en son sein sur l’approche à adopter pour l’obtention des réformes. Ils ont souligné le rôle central qu’est celui du Président de la République que ce soit dans la détérioration du climat social ou son retour à la normale. Ils n’ont pas manqué de relever que le prochain congrès du parti UNIR serait une opportunité pour désamorcer la crise actuelle. Il revient à ce parti politique d’assumer ses responsabilités en faisant sa part pour proposer du neuf aux togolais à l’occasion des législatives de 2018 et de la présidentielle de 2020.

Les membres du Conseil d’Administration se sont déclarés préoccupés par les graves violations de Droits de l’Homme observées lors de la répression des manifestations à plusieurs endroits sur le Territoire National. En aucun cas des manifestations de la population civile ne peuvent être encadrées avec des armes létales. Ils notent, l’incapacité avérée du Ministre de la Sécurité, le Colonel Yark Damehane à préserver la sécurité et l’intégrité des populations au cours des manifestations publiques. En dehors des bavures survenues depuis le 19 août, ils en veulent pour preuve, entre autre tristes évènements, d’abord la manifestation des élèves dans la ville de Dapaong le 15 avril 2013, qui a enregistrée la mort de deux élèves notamment Anselme Gouyano Sinandaré (12 ans) et Douti Sinanlengue (22 ans), par balles, ensuite les tueries de Mango au cours des manifestations contre l’implantation de la faune en novembre 2015, enfin  la mort du sieur Alabi par balle en février 2017 à la suite des mouvements d’humeurs consécutifs à la hausse du prix des produits pétroliers à la pompe, pour  ne citer que ceux-là.

Tout en saluant la détermination de la coalition de l’opposition à obtenir les réformes, ils dénoncent l’approche méthodologique qui vise à créer des victimes de la barbarie du régime en place afin de s’en servir comme catalyseur d’une mobilisation populaire pour le renversement d’un pouvoir légalement établi à la suite de scrutins auxquels la plupart des partis politiques se réclamant de l’opposition ont pris part nonobstant l’avertissement de plusieurs acteurs sur la non réunion des conditions nécessaires pour l’organisation de scrutins conformément aux standards communément admis sur le plan international. Ils ont souligné le risque de voir le contrôle des manifestations échapper aux organisateurs avec toutes les conséquences qui peuvent en découler.

Les membres du Conseil d’Administration ont déclaré leur intention de consacrer une partie des ressources du Centre pour la Gouvernance Démocratique et la Prévention des Crises (CGDPC) pour le suivi des prochaines manifestations en dehors de la capitale.

Les membres du Conseil d’Administration ont réaffirmé leur ferme attachement au dialogue comme seul moyen de sortie de crise. En effet, le dialogue ne trouve pas meilleure utilité qu’en cas de tensions. Les conflits sont inhérents à la nature humaine, puisqu’ils sont le fruit de la liberté de penser et de la différence qui existe entre individus. Qu’ils se soldent ou non par la violence, ils mettent en exergue l’interdépendance entre les individus, ce qui explique qu’ils peuvent conduire au délitement de la société. Malheureusement dans le contexte actuel qui est celui du Togo, en optant pour le référendum comme moyen de sortie de crise, le gouvernement rentre dans l’optique suivant laquelle l’exercice de l’autorité et la répression sont les seuls dénouements valables des conflits. La crise politique actuelle se retrouvant dénaturée et exploitée à des fins sécuritaires ou haineuses.

Le CGDPC insiste une fois de plus que les conflits peuvent être abordés et pris en charge de manière constructive et pacifique, grâce au dialogue et invite les forces de sécurité et de défense à se rappeler dans l’exercice de leur fonction du principe de la baïonnette intelligente car à un moment où un autre les responsabilités finiront par être situées.

Fait ce 10 Octobre 2017

Le Secrétariat de Séance

 

 

Last modified on Thursday, 12 October 2017 19:49

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