Thursday, 23 November 2017

R REPORTAGES ET DOSSIERS

Monday, 06 November 2017 13:21

Grand reportage: Quand la pêche illicite ronge Katanga

Une ruelle au milieu des habitations à Katanga Une ruelle au milieu des habitations à Katanga

L’ampleur de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, dite pêche INN au large des côtes ouest-africaines n’épargne pas le Togo. Sous le regard impuissant  des pêcheurs locaux, des navires étrangers pêchent  à la limite des eaux territoriales togolaises. Aussi  certains pêcheurs artisanaux utilisent-ils des matériels non conformes dans l’exercice de leur travail, malgré les interdictions. Les communautés vivant le long de la côte, pour qui la pêche est une activité séculaire, sont particulièrement affectées par ces phénomènes de la pêche illicite.  Comment le fléau  impacte-t-il exactement  le vécu quotidien de ces populations côtières ?  Ce grand reportage réalisé par Togotopnews à Katanga, un village de pêcheurs situé dans la zone portuaire,  permet de mieux appréhender la situation.

Vers le côté-Est du Port de Pêche de Lomé communément appelé « Habour », nous longeons la plage. Nous sommes  en Septembre 2017, peu après le début de la grande saison de pêche.  Le vent souffle par ravale et la mer fait grand  bruit. On aperçoit à perte de vue des habitations  de fortune, accessibles par des ruelles de terre bosselée. Il s’agit ici d’un village de pécheurs, appelé Katanga. La poussière environnante associée à une insalubrité criarde choque. Pourtant, dans ces lieux vivent de milliers de personnes, des communautés de diverses régions du Togo et celles des pays voisins à l’instar du Ghana. Ici, toutes les activités économiques  tournent autour de la pêche. C’est un véritable petit monde où grouillent pêcheurs, mareyeuses, transformatrices et revendeuses de poissons … Personne n’a le temps pour s’amuser. Hommes, femmes et enfants sont tous au travail, presque sans repos. De jour comme de nuit,  sous la pluie comme sous le soleil, les hommes  au péril de leur vie prennent d’assaut la mer, dans le seul espoir de ramener  des poissons. Et aux femmes de prendre le relais. Elles trient, lavent, sèchent ou fument les poissons. Les enfants quant à eux, commencent dès leur plus jeune âge à se familiariser avec le milieu aquatique. 

Ironie du sort, ces populations qui s’adonnent à cœur joie au travail, voient leurs  activités  ralentir de manière drastique, depuis que les pratiques de la pêche illicite se sont accentuées au large des Côtes Ouest Africaine.  Figurant  parmi les plus poissonneuses au  monde, les côtes ouest africaines attirent  visiblement.  En effet, selon les estimations du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), la valeur de la pêche « illégale, non déclarée et non réglementée (INN) » dans les eaux ouest-africaines –laquelle représente entre un tiers et la moitié de la prise totale effectuée dans la zone –est estimée à 1,3 milliards de dollars au moins par an. Curieusement, « les flottes de patrouilleurs des pays d’Afrique de l’Ouest sont généralement insuffisantes pour patrouiller efficacement dans les zones de pêche aux fins du suivi, du contrôle et de la surveillance, même si les capacités varient d’un État à l’autre », affirme un rapport de l’Interpol.  Loin d’être un phénomène nouveau, la pêche illicite non déclarée et non réglementée (INN)  a ainsi, gagné en intensité ces  dernières années.  En témoigne les récurrentes alertes de l’organisation internationale GrennPeace. Motivée par plusieurs raisons dont le gain économique et parfois associée dans les pêcheries industrielles au crime organisé,  la pêche INN selon les spécialistes, inclut des activités diverses telles que la pêche non autorisée dans les zones économiques exclusives ZEE (espace maritime sur lequel un État côtier exerce des droits souverains en matière d'exploration et d'usage des ressources) et dans les organisations régionales de gestion des pêches (ORGP). Elle concerne également la prise d’espèces juvéniles et/ou protégées, la non déclaration des prises, le transbordement en mer, l’utilisation d’engins prohibés  comme des lamparos artisanales, filets à petites mailles et autres techniques de capture non durables.

Si  la pratique de la pêche INN constitue une véritable menace environnementale en épuisant d’autant plus les stocks halieutiques mondiaux et menaçant  les écosystèmes marins, elle a de graves  impacts sur les populations côtières de l’Afrique de l’Ouest. Au Togo, elle affecte sérieusement  ces communautés qui fournissent   sur le marché togolais, une bonne partie de poissons  notamment les anchois, sardines, thons, coquillages, harengs, maquereaux, mérous, crevettes, crabes… et autres crustacés.

Un enfant qui aide sa mère

 

« Nous travaillons mais nous vivons dans une grande précarité »

En labourant les fonds de la mer avec leurs engins de pêche, les chalutiers détruisent  l’habitat des poissons et les rendent peu à peu stériles. Les pêcheurs artisanaux voient ainsi leurs prises diminuées de jour en jour. Ce qui entraine  une situation de pauvreté non seulement de ces pêcheurs mais aussi de tous les acteurs liés à la pêche artisanale.  La colère des communautés côtières qui assistent impuissamment au pillage des poissons par les bateaux étrangers, en dit long. 

 « Des bateaux sophistiqués viennent pêcher clandestinement dans nos eaux.  Ces chalutiers cassent nos roches et les gorgones.  Ce qui fait que, nous n’avons plus de zones de reproductions particulières qui devraient nous donner suffisamment de poissons.  Ces navires bousculent la translation, détruisent les zones de reproduction, cassent tout puis les poissons s’éloignent. Par conséquent, nous travaillons mais nous vivons dans une grande précarité», nous confie M. Kissimbo HUNLEDE, qui pratique la pêche depuis l’âge de  6 ans. 

L’homme âgé aujourd’hui de 86 ans, surnommé « doyen », déplore également l’attitude de ces collègues qui continuent d’utiliser des matériels prohibés pour pêcher : « Certains des nôtres aussi utilisent des lamparos fabriqués par voie artisanale, des filets non appropriés  et des produits chimiques qui paralysent les poissons. Cet état de chose entraine également  une pénurie de poissons. Il faut que tout cela cesse », lance-t-il.

Le jeune  Mawouli, né à katanga est fils d’un pécheur et d’une fumeuse de poissons. Il  fait la senne de plage depuis le bas âge. Rencontré, le jeune pécheur nous explique à son tour, comment la pêche illicite a rendu plus vulnérable son « village natal ». «Du haut de la mer,  les navires étrangers captent tous nos poissons et nous n’avons plus rien. Quand j’ai commencé à faire la pêche, normalement à pareille période de grande saison, on capte beaucoup de poissons. Maintenant, on pratique la même pêche à la même période et on n’a rien. Une fois que nous n’avons pas suffisamment de ressources, il devient difficile pour nous  de renouveler les matériels d’exploitations. Du coup, nous avons des matériels défectueux et désuets. Vous n’êtes pas sans savoir aussi que nous avons des familles à nourrir. Mais comme nous n’avons plus de poissons, nous n’arrivons pas à subvenir à nos besoins », déplore-t-il.

Chez les fumeuses de poissons, le son de cloche est le même. Mme AHOLLOU Doris, Présidente d’une organisation de fumeuses de poissons  dénommée « Scoops Amen », basée à Katanga martèle: « quand il y a beaucoup de poissons, nous aussi nous les achetons moins cher et quand on les revend, on fait assez de bénéfices. Mais aujourd’hui où il y a pénurie, le prix du poisson revient très cher. Le panier que nous achetions dans le temps à 3000 F CFA  coûte aujourd’hui jusqu’à 33000  F CFA par moment. Et donc, nous n’avons pas assez de bénéfices, parfois même nous perdons. Il est donc difficile pour nous, de trouver de quoi vivre et des moyens pour  soigner nos enfants, en cas de maladies ».

Allant dans le même sens,  Akouwavi Koumassi, aussi fumeuse de poissons rajoute : « Katanga  est une zone oubliée. Nous manquons des infrastructures sociales  de base. Mais au moins de par le passé où on trouvait des poissons, on ne se plaignait pas trop. Nos activités se déroulaient très bien. Et chacun mangeait à sa  faim. Malheureusement,  c’est tout le contraire qu’on vit présentement.»

Selon ces populations côtières, la scolarisation des enfants en prend également un coup sérieux. « Comme nos prises ont diminué et que nous n’avons plus assez de revenus, nos enfants sont déscolarisés. Or, un enfant qui n’est pas scolarisé et bien éduqué devient un  danger social. Il y a tellement d’enfants déscolarisés ici qu’on n’a pas besoin de loupes  pour en trouver. Il y en a qui ont commencé l’école  mais qui ont abandonné, faute de moyens.  Beaucoup d’enfants dans le milieu n’ont jamais mis pieds à l’école.», fustige le jeune pêcheur Mawouli.

Ces dires sont confirmés par les témoignages de deux  adolescents  qui ont respectivement quitté les bancs à l’âge de 15 et 12 ans. « J’avais 15 ans et j’étais en classe de 5ème quand mon papa m’a dit que je ne pourrai plus continuer mes cours. La raison évoquée, c’est le manque de moyens. Et depuis trois ans, j’aide mon père à faire la pêche», a raconté Yawovi. Et à son ami Ayité de renchérir : « Vous voyez tous ces enfants qui sont là-bas, ils ne vont pas à l’école. Nos parents disent qu’il n’y a pas d’argent ».

Cet abandon scolaire des enfants n’est pas sans conséquences. Le vol, le banditisme, la délinquance  et l’usage de la drogue sont entre autres fréquents  dans le milieu.

Aussi cette grande précarité associée à l’insalubrité criarde entraine-t-elle la récurrence des épidémies à Katanga. On se souvient qu’en 2013, ce quartier a été déclaré le plus important foyer de cholera dans la Commune-Lomé et a fait l'objet d'une opération de désinfection. A l’époque, les pirogues des pécheurs avec leur équipage séjournant en mer, étaient  désinfectées dès qu'elles accostaient.

Par ailleurs, certaines sources révèlent que le phénomène de la pêche illicite fait que, les jeunes se désintéressent  du  secteur de la pêche.  Ainsi beaucoup de jeunes ont quitté Katanga pour la capitale Lomé et d’autres villes  du Togo à la quête d’une vie meilleure. D’autres entrevoient la migration illégale vers l’Europe comme l’ultime solution à leur désarroi puis que l’existence même du secteur est menacée.

Devant une telle précarité, les populations côtières  ne baissent  pas les bras.

Katanga: Anchois séchés au soleil

 

Des mesures sont prises à l’interne  pour contrer le fléau

Réunis au sein d’une grande organisation dénommée Union des Coopératives de Pêche Maritime (UNICOOPEMA), dont le siège est basé à Katanga, les pécheurs, mareyeuses, revendeuses et  transformatrices de poissons veulent venir à bout du fléau de la pêche illicite.

 « L’un des objectifs de notre union est la lutte contre la pêche illicite. Autrefois, on croyait  que c’est l’Etat qui permet à ces gros navires de venir pêcher dans nos eaux. Finalement, on a compris que ce n’est pas le cas. Et depuis lors, nous essayons de combattre  le fléau. C’est d’ailleurs l’une des actions prioritaires de notre  union», indique M. ADAM Abdou Derman, Secrétaire général de l’Union des Groupements et Coopératives  de Pêche pour le Développement, membre de l’UNICOOPEMA.

Ce dernier a également fait savoir qu’ il est  mis en place une  coordination des pêcheurs au niveau du Port de pêche de Lomé qui a pour rôle de faire une surveillance stricte des engins des pêcheurs . « Cette coordination contrôle les mailles, les lamparos, les filets,  les engins, bref tous les matériels utilisés pour la pêche, en vue de s’assurer qu’ils sont conformes. En notre sein, nous faisons donc  l’auto surveillance. La mesure réduit à petit coup les pratiques illicites au niveau de la pêche artisanale  », a-t-il indiqué.

L’Union des Coopératives de Pêche Maritime (UNICOOPEMA), en train de devenir une grande fédération dénommée Fédération  Nationale des Unions Coopératives de Pêche du Togo  (FENUCOOPETO), compte poursuivre la lutte contre la pêche illicite. Le Président provisoire de la Fédération, M. LEGBEZE Dosseh interrogé sur la question rassure que cette lutte sera toujours au cœur des grands défis de la fédération.   Ce dernier qui appelle d’ors et déjà  les pécheurs artisanaux à privilégier les matériels conformes, signe et persiste : « l’UNICOOPEMA ne ménagera aucun effort pour mettre définitivement fin à la pêche illicite au Togo».

Des pêcheurs en train de réparer  leurs filets  au Port de Pêche de Lomé

 

Une  prise de conscience de l’Etat

Longtemps accusé par les pêcheurs artisanaux  de négliger le secteur de la pêche, le gouvernement  togolais avait été également à plusieurs reprises indexé par l’Union européenne, les Etats-Unis et les organisations régionales de gestion des pêches sur notamment  l’absence de dispositions concernant la recherche et la constatation d’activité de pêche INN et les sanctions à l’encontre des navires togolais, l’absence de mesures adéquates de contrôle sur les navires de pêche battant pavillon togolais, l’obsolescence des règles relatives à l’immatriculation des bateaux de pêche pratiquant la pêche INN et surtout le manque de coopération avec la commission européenne dans le processus d’identification d’opérateurs INN.

Mais depuis quelques temps, le secteur  retient de plus en plus l’attention de l’Etat.  L’Assemblée  nationale togolaise  lors de  sa deuxième séance  plénière  de la troisième session extraordinaire de l'année 2016, avait adopté  à l’unanimité le projet de loi portant réglementation de la pêche et de l’aquaculture au Togo.  Cette loi   qui  comporte  huit (8) titres  répartis  en   trente-trois (33) articles,  a pour but de transcrire dans le corpus juridique togolais les nouvelles dimensions des activités de la pêche en lien avec l’évolution du droit maritime et la pêche INN, de lutter contre la pêche illicite, d’assurer une meilleure gestion des  ressources halieutiques et de punir les auteurs des infractions liées aux activités de pêche.

Aussi, en Octobre 2016, le Togo abritait-il le sommet sur la sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique. Une rencontre sanctionnée par la signature d’une charte qui a pour objectifs entre autres de prévenir et réprimer la criminalité nationale et transnationale notamment le terrorisme, la piraterie, les vols à mains armées à l’encontre des navires, le trafic des drogues, le trafic des migrants, la traite des personnes et les trafics illicites connexes de tout genre en mer ainsi que la pêche INN.

La préfecture maritime, dont l’une des missions est d’assurer  le maintien de l’ordre public en mer  et  la coordination des actions de l’Etat en mer, joue également  au Togo un rôle très déterminent dans la lutte contre la pêche INN. Selon le Lieutenant BANAWAI Tchilabalo, Chef Bureau Ordre Publique à la Préfecture Maritime, de temps à temps, la préfecture maritime organise des patrouilles mixtes en mer. « Ces patrouilles permettent d’aller sur la mer, de constater s’il y a des infractions telle que la pêche INN. Au cas échéant, la préfecture maritime réagit conformément aux dispositions en la matière », nous a  indiqué le Lieutenant BANAWAI, avant de préciser que  « la surveillance des eaux togolaises est menée 24H/24, 7j/7, 365j/365 par la marine nationale ».

Outre ces différentes dispositions, on cite des exercices de renforcement de capacités comme celui du 11 Septembre 2017 dernier, organisé par l’Etat en collaboration avec la marine française et  qui avait  pour objectif d’outiller les acteurs des différentes administrations impliquées dans l’action de l’Etat en mer,  à lutter contre la pêche illicite.

Il est tout de même important de mentionner que le Togo a adhéré aux instruments régionaux ci-après : i) la convention sur les conditions minimales à respecter pour accéder aux eaux de la zone réglementée par le Comité des pêches du centre-ouest du golfe de Guinée (CPCO) ; ii) le plan d’action régional de lutte contre la pêche INN dans la zone de compétence du CPCO ; iii) la directive de l’Union économique et monétaire ouest-africaine concernant les systèmes de suivi, de contrôle et de surveillance pour les pêches.

Parallèlement, il faut souligner que la société civile joue sa partition aux côtés de l’Etat. Selon M. Sylvain AKATI, Président de l'ONG Association des Jeunes pour le Développement Intégral (AJEDI) qui intervient dans le domaine de l’économie bleue, les ONG accompagnent beaucoup l’Etat dans cette lutte. « Nous faisons régulièrement des  contrôles pour constater ce qui se fait par l’Etat au large des côtes », nous informe -t-il.

Ces différentes mesures prises, reconnaissent les pêcheurs «diminuent considérablement  le phénomène». Toutefois, elles sont jugées insuffisantes par ces pêcheurs qui font d’importantes suggestions au gouvernement.

Des pirogues  accostées au Port de pêche de Lomé

 

De la nécessité de mettre en place un comité de co-gestion et des structures sanitaires au Port de pêche

Une des propositions essentielles faites par les pêcheurs au  gouvernement est la mise en place d’un comité de co-gestion pour promouvoir la surveillance participative des côtes avec la collaboration des pêcheurs locaux. Ces pêcheurs peuvent ainsi participer aux opérations de surveillance en embarquant à bord des vedettes de surveillance ou en transmettant les informations aux autorités compétentes.

L’Etat est également interpellé à mettre en place  des structures sanitaires au Port de pêche de Lomé pour contrôler  les produits halieutiques  et détecter ainsi  les poissons prises à l’aide des produits chimiques, en vue de décourager la pratique. « Je crois qu’avec ce système, tous ceux qui ont l’habitude de capturer des poissons par les produits chimiques vont cesser. C’est important, parce qu’au-delà de tout, c’est un problème de santé public », recommande Mawouli, Pêcheur.

Certains pêcheurs souhaitent par ailleurs,  qu’il y ait un bateau de pêche togolais, à noter que le port de pêche ne dispose pas de bateaux de pêche.  Ces derniers soutiennent qu’au lieu de continuer par se faire tricher par des bateaux étrangers, il faudrait que le Togo dispose de son propre bateau de pêche, en vue d’augmenter ses prises.

In fine, le gouvernement est interpellé à prendre plus au sérieux le secteur de la pêche puisque la pêche artisanale  contribue jusqu’à 4 pour cent du PIB au Togo.

En revanche, ce pari ne sera pas totalement gagné, si au niveau mondial, rien n’est fait pour contrer le fléau.

Poissons frais

 

Des mesures internationales drastiques s’imposent

Il faut  entre autres assurer la mise en œuvre et améliorer globalement les accords et mesures internationaux, notamment via la définition d’un véritable statut réglementaire de la pêche dans les zones situées au-delà des juridictions nationales. Il urge de renforcer les mesures de gestion et de surveillance des activités de pêche au sein des Organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) avec une réelle implication des Etats parties et la prise en compte des avis scientifiques. Il est aussi indispensable de mieux prendre en compte le rôle des pays asiatiques, en particulier la Chine, au sein des différents politiques mises en œuvres au niveau international.  Il faut  en outre, améliorer la traçabilité des chaînes d’approvisionnement, grâce à la collecte systématique des informations de la capture à l’achat, à la mise en œuvre d’indicateurs de suivi des origines et de politiques d’identification des produits à risques de pêche INN. La sensibilisation des consommateurs des pays du Nord et  surtout des pays asiatiques qui sont les plus gros consommateurs, constitue par ailleurs, un levier important dans cette lutte car leurs choix influencent les modes de production et d’approvisionnement. Ces quelques recommandations susmentionnées sont extraites d’un document informatif sur les questions de développement, élaboré par le Centre Technique de Coopération agricole et rurale ACP-UE (CTA).

Anéantir la pêche illégale passe donc par des actions tout au long de la filière, du Sud au Nord. Tous les pays doivent en être conscients. Il y va de l’atteinte à l’horizon 2030 de l’ODD 14 qui appelle à « conserver et exploiter de manière soutenable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable ».

Hélène Doubidji

 

Ce reportage est réalisé avec l’appui financier de « Earth Journalism Network »

Last modified on Monday, 06 November 2017 13:41

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