Thursday, 14 November 2019

S SANTE

Tuesday, 01 October 2019 11:49

Accès aux services de soins par les populations clés: Focus sur une meilleure solution transfrontalière

Souvent stigmatisées, les populations clés notamment les Hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (HSH) et les Professionnels de sexe (PS) fréquentent très peu les centres de soins. Ce qui réduit leur accès aux services VIH, alors qu’elles ont une prévalence élevée par rapport à la population générale. Pour donc permettre à cette communauté de bénéficier de ces services, l’initiative « Dindji » (frontière) est née. L’une des pratiques réussies dudit projet est l’intégration des populations clés dans les équipes d’offres de soins pour aider, rassurer et encourager leurs pairs.

Le projet  est piloté par l’Organisation du Corridor Abidjan Lagos (OCAL) qui a pour but d’apporter en complément aux réponses nationales, une solution transfrontalière à la vulnérabilité aux VIH des populations mobiles et de faciliter la libre circulation des personnes et des biens. L’OCAL a obtenu un financement de l’USAID pour l’exécution de la phase 1 du projet « Dindji », une initiative du gouvernement américain pour renforcer la qualité des services VIH offerts aux populations clés le long du Corridor Abidjan Lagos. Ledit projet est exécuté aux portions bénino-togolaise du 23 Mai 2015 au 30 Septembre 2019. Entre autres meilleures interventions du projet, l’intégration des populations clés dans les équipes d’offres de soins a été  une approche très pertinente qui a beaucoup impacté.

 En effet, 14 pairs HSH et 14 pairs PS appelés points focaux ont été sélectionnés et intégrés aux équipes de soins de 14 centres de santé pilotes partenaires du projet Dindji au Togo (4) et au Bénin (10). Au Togo, il s’agit de l’Unité d’information de Sanvé Condji, l’hôpital d’Aného, l’Unité d’Information de Kodjoviakopé et le centre de santé de Kodjoviakopé.

Les points focaux (désigné par les ONG partenaires et rémunérés) sont chargés de recevoir leurs pairs qui désirent bénéficier d’un service VIH dans les centres de santé et de les orienter vers les prestataires formés pour offrir le service souhaité. A la fin de chaque mois, le point focal adresse un rapport à son ONG. Lequel rapport est préalablement validé par le responsable de la structure sanitaire.

C’est ainsi que la présence des points focaux populations clés au sein des équipes de soins a indéniablement amélioré l’utilisation des soins par les HSH et les PS, à la grande satisfaction de ces dernières.

Témoignages

Selon un point focal HSH, la pratique a eu comme impacts la réduction de la stigmatisation et discrimination des populations clés ; l’augmentation de la fréquentation des services adaptés par les populations clés, l’augmentation du nombre de dépistage VIH et du nombre de cas d’IST diagnostiqués et traités. « Les points focaux ont servi de porte d’entrée, de médiateurs et un pont entre les bénéficiaires et les prestataires de soins. À travers notre intervention, les bénéficiaires ont eu beaucoup d’informations concernant le VIH SIDA et ont été dépisté. Les cas positifs sont pris en charge», a-t-il affirmé.

Pour sa part un point focal PS explique : « les professionnelles de sexe avaient peur de se rendre aux centres de santé. Elles ne savaient pas à qui s’adresser pour bénéficier des soins. L’ONG FAMME , grâce au projet DINDJI a renforcé mes capacités et m’a mise à la disposition du centre de santé de Kodjoviakopé comme point focal des populations clés. Grâce à mon travail, les professionnels de sexe ont commencé par arriver au centre de santé de Kodjoviakopé où je les recevais, les mettais en confiance avant de les orienter vers les prestataires des soins. En l’espace de quelques mois, la fréquentation des PS par le centre a commencé par augmenter et elles étaient à l’aise et contentes ». Cette dernière a par ailleurs, lancé un  appel aux différents acteurs « à soutenir les points focaux des populations clés dans les centres de santé pour pérenniser l’initiative. » Elle a été appuyée par la Présidente de AFAZ - une association des professionnelles de sexe - qui souhaite qu’en plus qu’elle soit pérenne, « la pratique doit être élargie à d’autres formations sanitaires. »

Les bénéficiaires et différentes parties prenantes du projet  « Dindji » se sont  en effet, réunis le 24 Septembre 2019 dernier à Lomé pour clôturer officiellement le projet. La rencontre a permis aux différentes parties prenantes  de recueillir non seulement des témoignages directs des bénéficiaires mais aussi de présenter les résultats obtenus, à l’issue de la mise en œuvre du projet. Outre l’intégration des populations clés dans les équipes d’offres de soins, d’autres interventions clés du projet ont été également présentés. Entre autres l’ élaboration et la reproduction de document des normes et de procédures pour l’offre de services de VIH aux populations clés ; le renforcement de capacité des équipes de centres de santé et ONG partenaires ;  l’organisation d’activités de sensibilisation de proximité par 60 pairs éducateurs HSH et 60 pairs PS encadrés, visant la promotion de l’utilisation des préservatifs et des gels lubrifiants ; l’organisation d’activité de sensibilisation des HSH à travers l’internet par 4 webmasters.

De façon globale, il ressort de la mise en œuvre du projet que l’utilisation de préservatifs et du gel lubrifiant par les HSH et les PS a doublé entre 2015 et 2018, la fréquentation des centres de santé pilotes par les HSH et PS a aussi augmenté. On note également une augmentation de plus de 300% du nombre de cibles dépistés au VIH et ayant retiré le résultat du test et de 68,8% du nombre de cas d’IST pris en charge chez les HSH et les PS entre 2016 et 2018.

Le projet salué à l’unanimité

Selon le coordonnateur national adjoint du Secrétariat permanent du CNLS-IST, M. Damien Amoussou, les stratégies développées et mises à l’épreuve ont contribué à donner une réponse plus humaine aux interventions déployées à travers ce projet.

Le secrétaire exécutif de l’OCAL, M. Idrissa Koné de son côté s’est réjouit du fait que les objectifs sont largement atteints, grâce aux interventions menées pour renforcer le plateau technique et l’environnement juridique et social notamment la réduction de la stigmatisation et la discrimination des populations clés a été amélioré.

Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique qui s’est fait représenté à la cérémonie de clôture du projet  par Dr Agossou Abram Amétépé a salué les résultats obtenus à l’issue de la mise en œuvre et réitéré l’engagement du gouvernement à poursuivre les actions qui se traduisent par le lancement prochain d’un autre projet à l’endroit de cette même cible au Togo.

Hélène Doubidji

 

Last modified on Tuesday, 01 October 2019 13:47

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