Saturday, 24 August 2019

S SOCIETE

Monday, 15 July 2019 15:49

Christian Trimua dénonce la corruption: « Au final, c’est nous qui payons la facture »

Christian Trimua, ministres des droits de l'homme et chargé des relations avec les institutions de la République Christian Trimua, ministres des droits de l'homme et chargé des relations avec les institutions de la République

Le continent africain est toujours gangréné par la corruption  malgré l’adoption, il y a 16 ans, de la Convention de l’Union Africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption. Sur l’indice de perception de la corruption 2018 de Transparency International, seuls cinq pays africains émergent la tête de l’eau en obtenant une note de 50 et plus sur 100. Réagissant sur le phénomène, Christian Trimua, Ministre des Droits de l’Homme et chargé des relations avec les institutions de la République, indique que la lutte doit être pensée autrement.

Selon Christian Trimua, la corruption est parfois présentée comme une question macroéconomique alors qu’il faut l’amener d’abord au niveau nano, c’est-à-dire à l’être humain de façon individuelle. D’après le ministre, la corruption fonctionne exactement comme la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA). « C’est le dernier consommateur qui paie la facture. Quand en amont on est corrompu, en aval c’est le pouvoir d’achat individuel qui supporte le coût. Aucun opérateur économique ne supporte à lui seul, le coût de la corruption ; il le réparti par tête de consommateur. C’est vous, c’est moi, qui supportons la facture finale de la corruption », a-t-il souligné.

Il relève que chaque ménage subit les conséquences de corruption. « Chaque ménage vit tous les jours l’inflation des prix des produits sur le marché. Le prix de la tomate qui augmente, le prix des transports qui augmente ; c’est le prix de la corruption que nous payons.  Ces exemples sont suffisamment de preuve que nous devons réagir. Qu’elle soit celle du fait du policier à la frontière, du douanier au port autonome de Lomé, de l’enseignant pour faire passer une note… au final, c’est nous qui payons la facture et ne serait-ce que pour cela, nous devons nous révolter », a ajouté le ministre.

Corruption et insécurité sont des voisins

Selon le ministre des Droits de l’Homme et chargé des relations avec les institutions de la République, nous vivons dans un contexte sécuritaire extrêmement important qui appelle à la vigilance et à la concentration individuelle. « Comment pouvons-nous continuer à assurer la sécurité de notre pays, si le policier préposé à la frontière tourne le dos au camion qui passe parce qu’il a reçu un bakchich et que ce camion comporte des armes ? Comment pouvons-nous réduire le nombre de braquage si les armes de guerres qui servent sont passées par les frontières, les couloirs censés être contrôlés, parce que des agents ont reçu des pots-de-vin ? » s’interroge-t-il, avant de souligner que la corruption fragilise également le secteur de la santé et de l’éducation. « Comment pouvons-nous assurer la construction de salles de classe si l’entreprise qui surfacture est obligée de le faire parce que sur la procédure se trouve un certain nombre de personnes à qui elle doit glisser une part de son marché ? Bien évidemment nous surenchérissons le coût de construction des classes et naturellement nos enfants continuerons à rester sous des appâtâmes pour suivre leurs cours. », affirme-t-il.

Ainsi, le ministre appelle à la conscience individuelle et collective. « Si nous prenons conscience de ces petites histoires alors nous voyons la corruption différemment. Ce n’est pas seulement le problème du trésor qui a besoin bien évidemment de l’argent, c’est d’abord notre problème individuel. Si nous ne prenons pas la dimension individuelle de la corruption, nous ne pourrons pas rentrer dans les échelles supérieures, nationales et africaines », prévient Christian Trimua.

Le Ministre des Droits de l’Homme et chargé des relations avec les institutions de la République réagissait au cours de la Journée  Africaine de lutte contre la corruption commémoré le 11 juillet dernier à Lomé.

Atha ASSAN

Last modified on Monday, 15 July 2019 16:03

Leave a comment

Make sure you enter all the required information, indicated by an asterisk (*). HTML code is not allowed.

Togotopnews, le top de l'actualité Togolaise

Tel:

00228 91 90 30 65
00228 97 15 64 47

Facebook