Monday, 28 September 2020

S SOCIETE

Thursday, 23 April 2020 11:45

Caravane de promotion des valeurs démocratiques, l’actualité socio-politique au Togo passée au peigne fin par Mohamed Madi Djabakaté

Mohamed Madi Djabakaté, fondateur du Centre pour la Gouvernance Démocratique et la prévention des Crises (CGDPC) Mohamed Madi Djabakaté, fondateur du Centre pour la Gouvernance Démocratique et la prévention des Crises (CGDPC)

L'acteur de la société civile togolaise, Mohamed Madi Djabakaté très remonté contre l’allure que prend l’actualité socio-politique au Togo adresse un message important à ses cousines et cousins Togolaises et Togolais. Il fait une analyse minutieuse de l’élection présidentielle du 22 février 2020 et sa suite. Lisez l’intégralité de son message :

MESSAGE AUX COUSINS DU 22 AVRIL 2020

Chers Cousines et Cousins,

Que la paix soit avec vous. Je voudrais commencer le message de ce jour par une expression d’origine arabe que nous répétons assez souvent : les chiens aboient la caravane passe. Expression française, d’origine arabe du XIXème siècle qui servait auparavant à décrire le comportement des chameaux qui continuaient d’avancer malgré les aboiements continus des chiens qui surveillaient les campements nomades rencontrés lors de leur passage. Ces campements qu’on appelait des Douars étaient peuplés de chiens qui ne servaient pas d’animaux de compagnie mais d’alerte quand des étrangers approchaient. En effet, autrefois, la principale fonction du meilleur ami de l’Homme était de garder les troupeaux. Lorsque les visiteurs parcouraient ces régions arides avec leurs longues caravanes de chameaux, ils étaient accueillis par les aboiements des chiens présents. En aboyant, les chiens alertaient leurs maîtres, qui aussitôt prenaient leurs gardes contre toute intrusion étrangère. Il n’empêche que les caravanes passaient bel et bien sans encombre. Ce qui en réalité signifie que les critiques ne peuvent pas faire reculer une personne sûre de ses choix. Par le message de ce jour et les messages des deux derniers jours j’ai vu beaucoup de chiens du royaume très très démocratique du Prince Gnassingbé sortir leurs griffes pour me demander si je m’exprimais au nom de la société civile ou de l’opposition togolaise. Je voudrais juste dire que seuls ceux qui ne sont pas certains de ce qu’ils avancent cherchent à l’accompagner d’un titre ou d’un statut pour le faire passer en force. Sinon moi je parlais, je parle et je parlerai toujours en tant que ce citoyen togolais qui est votre cousin à tous en dépit des divergences de points de vue. Donc les chiens du prince peuvent continuer par aboyer, je poursuis mon message aux cousins à travers ma caravane de promotion des valeurs démocratiques.

Chers Cousins et Cousines,

La maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) met à l’épreuve les sociétés, les gouvernements, les communautés et les individus. Toutefois, la problématique n’est pas encore appréciée à sa juste valeur par nos gouvernants, qui continuent d’accuser réception de matériel militaire en lieu et place du matériel sanitaire. Pendant que les responsables du monde entier sont préoccupés par la lutte contre la pandémie du coronavirus dont les victimes se font compter par milliers ; pendant qu’ailleurs comme au Sénégal le président Macky Sall tente une union sacrée avec l’opposition face au coronavirus, au Togo par contre, Faure Gnassingbé semble n’être préoccupé de son côté que par autre chose : s’assurer un pouvoir sans partage et procéder à la décapitation de l’opposition. C’est en réalité l’image que présente le Togo aux yeux du monde au moment où tous les pays du monde concentrent leurs énergies et mobilisent les moyens pour venir à bout de cette pandémie.

Cher Cousin Procureur de la République,

Lors de mon précédent message adressé au Cousin Faure en réaction à son incapacité à réagir face à la pandémie du COVID- 19 j’avais promis ne pas revenir sur les élections puisque ce n’était pas la priorité. J’ai réalisé depuis hier 21 avril 2020 qu’il n’a toujours pas fait de cette pandémie sa priorité. A quelque part il a raison puisque le COVID n’a pas encore occasionné la mort de 500 togolais au moins comme ce fut le cas pour le scrutin sanglant qu’il a organisé par procuration pour légaliser le coup d’état du 05 février 2005 contre lequel je manifestais déjà le 07 février 2005 avec mes amis du Mouvement pour l’Epanouissement pour l’Etudiant Togolais (MEET).

Je suis étonné que l’individu qui prétend être présentement Procureur de la République ne se charge de ce dossier. En tout cas, j’aimerais lui dire qu’il y avait plus zélé que lui à ce poste qui finalement a été reversé au Ministère de la Fonction Publique. La dernière fois que je l’ai vu c’était lors de la sortie de mon troisième ouvrage où il avait été envoyé par un baron pour venir surveiller la cérémonie et rapporter toute information utile. J’attends en toute sérénité l’invitation du fameux Procureur de la République pour lui répéter mot pour mot ce que je n’ai pas eu le temps d’écrire ici. Comme je le disais hier dans une réaction partagée sur les réseaux sociaux relativement à la situation togolaise rien ne peut plus faire peur. Soit vous me tuez soit vous m’arrêtez. Cela me rappelle d’ailleurs en 2005 le jour du fameux scrutin ensanglanté où un Gnassingbé m’a mis une arme sur la tempe en menaçant de me tuer au Centre de vote du CEG Agoe Centre. Sans aller dans les détails, il est en prison depuis 2009 et moi en liberté. Dans tous les cas, une dictature est toujours ingrate envers ses ouvriers. Votre tour viendra. Peut-être bien avant moi malgré mon empressement à défier la dictature de Faure Gnassingbé dont les dérapages commencent par m’agacer.

Au passage, pour clarifier les choses je suis présentement hors du pays suite aux restrictions de mouvements liés à la pandémie au COVID- 19. Mais dès que j’y serai, j’attends votre invitation même déjà à l’atterrissage de l’avion.

Chers Cousines et Cousins,

Certes, l’attachement au fauteuil présidentiel et l’opiniâtre volonté de s’y éterniser n’est pas un fait nouveau au Togo. Il y a plus d’un demi-siècle que cela dure et les moyens pour parvenir à cette fin sont aussi connus. Entre autres, simulacre d’élection, répression des contestations, arrestations et détentions arbitraires, inféodation des institutions de la République aux desiderata d’un clan. Cependant, cela est tout de même curieux au regard des défis sanitaires de l’heure, de voir que le pouvoir de Lomé II déploie autant d’énergie et de moyens pour traquer le principal challenger du parti système UNIR, Agbéyomé Kodjo, et ainsi d’annihiler toute tentative de contestation de l’élection présidentielle du 22 février passé. Election dont les deux camps réclament prétendument la victoire. Sans doute, plusieurs seront étonnés d’entendre dire qu’à l’issue de l’élection présidentielle du 22 février 2020, ni Faure Gnassingbé, ni Agbéyomé Kodjo n’avait démocratiquement tiré leur épingle du jeu. En d’autres termes, Faure Gnassingbé n’a pas été élu démocratiquement, Agbéyomé Kodjo non plus. Certains pourraient alors se poser la question de savoir qui donc a été le vainqueur de cette élection ?

Un scrutin entaché d’irrégularités

Bien que les textes constitutionnels du Togo aient connu une balbutiante amélioration en ce qui concerne notamment la limitation du nombre de mandats présidentiels (art 59) et l’instauration du scrutin à deux tours (art 60), la pratique électorale n’a guère été améliorée. En effet, le scrutin présidentiel du 22 février dernier a été tout sauf une élection démocratique. Plutôt un simulacre d’élection.

L’une des garanties de la transparence et de la crédibilité des élections est la mission d’observation menée en toute impartialité et en toute indépendance. La présidentielle de 2020 au Togo cependant n’a pas été marquée du sceau de la transparence. Des organisations de la société civile togolaises ont été interdites d’observer la présidentielle de 2020. Par lettre référencée N°/MATDCL/CAB du 16 janvier 2020, le ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales a refusé la demande d’observation électorale à lui adressée par la Conférence Episcopale Justice et Paix au motif que celle-ci avait pris une position partisane pendant la crise politique de 2017. Quelques jours après, précisément le 19 février 2020 c’est la Concertation Nationale de la Société Civile du Togo (CNSC-Togo) qui voit son accréditation pour l’observation de ladite élection retirée par la CENI. Fait surprenant et je me demande si le sieur Ayassor pense être à l’abri du sort du sieur Kadanga qu’il est venu remplacer ?

Des raisons évoquées pour mettre hors-jeu ces deux organisations, l’on peut aisément en déduire que le gouvernement mettait tout en œuvre pour attribuer une victoire au candidat du parti Unir à l’issue de cette présidentielle. D’ailleurs, et au sujet de l’observation électorale, Faure Gnassingbé alors lui aussi candidat à cette élection affirmait devant les militants et sympathisants de son parti, lors de son meeting tenu à Kara en pleine campagne électorale : « nous n’avons pas besoin qu’un tuteur vienne essayer de nous imposer ses règles. Je ne l’accepterai pas, vous ne l’accepterez pas ». Une déclaration de plus qui jette du discrédit sur l’organisation du scrutin. Il en ressort sans équivoque que les décisions prises par la CENI en ce qui concerne le retrait de l’accréditation de la CNSC-Togo ne sont en réalité que l’exécution empressée des desiderata du candidat du parti de l’Union pour la République, Faure Gnassingbé.

Toute cette machination a été couronnée par l’annulation le 19 février par la CENI, du procédé SINCERE qui est un système de sécurisation électronique des résultats de vote.  A l’évidence, tout est fait pour favoriser le candidat du parti Faure Gnassingbé qui avait pourtant déjà tous les moyens d’Etat à sa portée. Allons-y seulement….

 Depuis l’ouverture de la campagne jusqu’à la proclamation des résultats de l’élection en passant par le jour du vote, Faure Gnassingbé n’a pas été un candidat comme les autres en lice pour une même élection. Il a bénéficié des privilèges et des prérogatives que n’ont pu avoir ses adversaires politiques. En effet, il a été le seul candidat à pouvoir rencontrer et s’adresser aux forces de défense et de sécurité. Ceci, à la veille du vote par anticipation des FDS. Un droit dont ne peuvent vraisemblablement pas se prévaloir ses adversaires politiques. Pour preuve, il s’était publiquement et énergiquement indigné du fait que le candidat Agbéyomé Kodjo ait essayé d’adresser un message aux forces de l’ordre pendant la campagne électorale.

Par ailleurs, il aurait suffi de jeter un regard sur les moyens mobilisés par le parti UNIR à chaque déplacement de Faure Gnassingbé pour se rendre à l’évidence de l’usage des ressources de l’Etat pour une cause partisane : hélicoptère, voitures de service, mobilisation des forces de l’ordre au-delà de ce qui est fait pour les autres candidats sont bien là, quelques aspects flagrants. L’administration en période de campagne électorale était en outre paralysée et travaillait au ralenti. Les cadres du parti UNIR comme on les appelle, avaient déserté leurs lieux de travail pour aller battre campagne dans leurs localités respectives. Sûrement que c’est l’humour électoral à la Trimua que nous ne connaissons pas dans les lois électorales.

En ce qui concerne le fichier électoral par ailleurs, depuis le début du processus d’organisation de la présidentielle de février 2020, plusieurs irrégularités ont été relevées puis dénoncées. Notamment les modalités d’enrôlement des Togolais de la diaspora. En effet seuls 348 personnes ont pu s’inscrire sur plus de 1,5 million de Togolais vivant à l’étranger. En France par exemple, ils n’étaient que 28 à pouvoir se faire établir une carte d’électeur sur plus de 9 300 personnes. Cette situation d’exclusion suffit à elle seule pour faire planer le doute sur la crédibilité de ce scrutin.

Tout aurait été ainsi mis en œuvre pour que les Togolais de la diaspora qui auraient manifesté contre le pouvoir de Faure Gnassingbé au temps fort de la crise politique, n’aient aucune chance de s’exprimer dans les urnes ? En tout cas, le processus d’enrôlement en a donné l’impression.  Il n’est en revanche un secret pour personne que le pouvoir de Faure Gnassingbé a été énergiquement contesté entre août 2017 et 2019 à travers des manifestations de rues, aussi bien sur le territoire national que dans certains pays d’occident et d’Afrique.

C’est dans ces conditions que l’élection présidentielle de février 2020 s’est tenue. Une mission d’observation électorale a été menée par l’Union Africaine (UA) et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur demande et invitation du gouvernement. Si ce même gouvernement qui récuse l’observation électorale par certaines organisations de la société togolaise a, volontiers invité l’UA et la CEDEAO pour couvrir la présidentielle, c’est certainement parce que ces institutions ne constituent pas un obstacle sérieux à une éventuelle fraude électorale et donc pour le maintien du statu quo. On ne pourra en tout cas pas dire le contraire si l’on a souvenance de la manière dont la facilitation de la CEDEAO avait été conduite au temps fort de la crise politique entre 2017 et 2018 au Togo.

 L’ampleur des irrégularités observées lors de cette élection a même fait réagir l’ambassadeur des Etats Unis au Togo. Aucun candidat de l’opposition à cette élection, contrairement à ce qu’on avait coutume d’observer, n’a reconnu la victoire de Faure Gnassingbé ou d’un quelconque autre candidat. Sans surprise, ceci replonge le pays dans une crise socio-politique profonde et durable, en dépit du contentieux électoral vidé et les résultats définitifs proclamés par la Cour Constitutionnelle. Une Cour dont la recomposition a été sujet à polémique et dont l’indépendance vis-à-vis de l’exécutif est sujet à caution.

Faure Gnassingbé, un président illégitime

Plus d’un mois après la proclamation des résultats de ce hold-up électoral, il aurait encore fallu que le gouvernement dilapide l’argent du contribuable pour des missions de négociation et de positionnement géopolitiques et stratégiques, avant de s’arracher quelques messages de félicitation adressés à Faure Gnassingbé. Cette méthode donne ainsi raison à Kako Nubukpo qui disait en décembre 2019 que « l’essentiel de la classe politique africaine ne rend compte qu’à ses maîtres occidentaux ».

Plutôt que de tenir sa légitimité de son peuple, le pouvoir togolais se retrouve à rechercher cette légitimité auprès de ses alliés occidentaux. C’est donc à raison que malgré les 70% des voix qui lui sont attribués, Faure Gnassingbé peine à trouver la sérénité et se sent obligé de mettre aux arrêts son principal challenger Agbeyomé Kodjo qui pourtant est resté lui aussi sans grand danger pour la stabilité politique du pays, depuis le début de la contestation des résultats de la présidentielle.

Devant la carence de légitimité dont souffre le pouvoir de Faure Gnassingbé, il parvient toutefois à se cacher sous le bouclier de légalité parce qu’ayant réussi à mettre à ses ordres les institutions de la république.   

Chers Cousines et Cousins,

A l'analyse : a) Faure n'a pas été élu démocratiquement. b) Agbeyomé non plus n'a pas été élu.

Ces élections plongent tout simplement notre pays dans une crise socio-politique profonde et durable, parce qu'elles sont IRREGULIERES. Pourquoi IRREGULIERES ? Parce que :

 1) non transparentes, 2) non inclusives, 3) non libres, 4) non équitables (toutes les ressources de l'Etat utilisées pour 1 seul candidat) 5) n'ayant bénéficié que des observations biaisées de la CEDEAO et de l'UA, 6) sans observations indépendantes, 7) avec des résultats précipités comportant des irrégularités manifestes, 8) et des résultats qui ne sont acceptés par aucun des concurrents de Faure. C'est donc tout le processus qui est IRREGULIER, qui ne répond pas aux standards internationaux des élections. Il n'y a donc pas de gagnant malgré l'arrêt de la Cour Constitutionnelle et les messages géo- politiques arrachés à l'Europe après plus d'un mois de missions de négociations par le gouvernement UNIR avec l'argent des contribuables Togolais. Quand la justice est injuste le peuple n'est pas tenu de la suivre. Et si on pourrait forcer la LEGALITE on ne force pas la LEGITIMITE. Faure est un Président illégitime en plus d’être illégal.

En définitive, l’élection présidentielle du 22 février 2020 n’en a pas été une parce que ne répondant aux standards internationaux et ne respectant aucun critère d’élection libre et régulière. Si l’on pourrait forcer la légalité, on ne force pas la légitimité et quand la justice se révèle injuste, le peuple n’est pas tenu de la respecter. Et si le procureur de la république n’est pas content j’attends son invitation.

#EnsembleNousVaincrons

#COVID19vsTOGO2020

Papa Khadidja

Votre Cousin

Last modified on Thursday, 23 April 2020 17:43

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