Sunday, 22 October 2017

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Friday, 16 June 2017 14:15

Abraham Nanda : le fils cultivateur planteur dans la savane, aujourd’hui entrepreneur accompli

Abraham Nanda est  fils cultivateur planteur  au Nord du pays. Abraham ne fait pas partie d’une famille aisée mais celle qui a gagné sa vie par le travail.  Aujourd’hui entrepreneur accompli, les adversités n’ont pas empêché son élan mais la force du travail et la volonté de réussir à lui inculquée grâce à  un père grand bosseur ont fait de Nanda par la grâce de Dieu, un entrepreneur accompli.

« Mon père est un cultivateur planteur, ma maman est une ménagère et voilà moi aujourd’hui je suis artiste, déclarant en douane, conseiller nutritionniste et fondateur d’une école, la Mission divine à Mamékopé », confie-t-il volontier, à la question de se présenter.

Ceux qui connaissaient cette famille-là reconnaissent que les Nanda ne sont pas nés avec  une cuillère dorée dans la bouche. Comment Abraham est-il arrivé à ce niveau aujourd’hui? « Je dois cette réussite d’abord à Dieu Tout Puissant qui m’a donné un père exemplaire. Lorsqu’on était adolescent, il nous encourageait au travail bien fait et avec beaucoup de citations que j’ai retenues de lui. Il nous disait que si vous êtes dans un milieu et vous le quittez et qu’on dit  bon débarras, c’est une malédiction », déclare Nanda qui livre le  conseil de son père dans sa réussite.

« Si vous faites un milieu, il faudrait qu’on  sente que vous êtes là ou que vous n’êtes pas là, cela rejoint la Bible qui dit que si vous n’êtes ni chaud ni froid, on va vous rejeter de la bouche. Cela veut dire que ce que l’homme doit faire, il faut qu’il le fasse  bien avec  détermination et sans réserve », dit Nanda qui cite son père.

Des souvenirs, des leçons de vie de son père, reste gravé dans sa mémoire. «Mon papa, un jour nous a demandé : tu as deux amis qui ont chacun un engin de déplacement et un jour tu demandes à un de te prêter l’engin et il l’a fait puis une autrefois tu demandes à l’autre qui refuse, lequel des deux t’a le plus aidé ? Nous avons dit tout bonnement que c’est celui qui a prêté l’engin à son ami. Mon papa nous a dit que c’est plutôt celui qui a refusé car lorsqu’on vous prête l’engin, vous aurez l’impression que vous-même vous en avez un.  Le message de celui qui a refusé est que toi aussi tu peu  en acheter. C’est un aiguillon pour  te pousser à en trouver les moyens pour en acheter toi-même ».

Il regrette que plusieurs jeunes  n’ont plus cette éducation. « L’éducation dont je vous parle, n’est pas celle du diplôme », a-t-il déclaré.

Pour Nanda, son  papa était un coach. «  Les adages qu’il nous donnait nous motivaient à aller loin, à rechercher le succès. « Je regrette de l’avoir enterré en 2010 et c’est le plus grand regret de ma vie, parce qu’il aimait la réussite de ses enfants  et il était sévère  et on le critiquait beaucoup mais aujourd’hui quand il n’est pas là,  je le regrette beaucoup car le peu que  je gagne maintenant, il n’est pas là pour qu’on le partage. Ce qui me réconforte, c’est que ces os ne vont pas se trembler dans la tombe  », dit Nanda qui relève que son père serait tout de même fier de lui dans l’au-délà.

Nanda et la résilience familiale

Les Nanda n’ont pas eu que de cadeaux dans la vie. Ils ont eu des potions également amères. Mais cela a forgé la force du caractère du  jeune entrepreneur.  Il a eu beaucoup  de péripéties dans sa vie. « Ma maman a eu à mettre 6  fois au monde mais nous sommes 3 à survivre  et  je suis l’aîné de la grande famille car ma maman avait deux frères et deux sœurs.  Mon père pour réussir a planté des arbres dans cette région savanière et désertique ; on prenait des arbustes épineux pour venir entourer les arbres qu’il plantait et lorsqu’on revenait  de la brousse on disait que ce sont les peulh de chez Nanda qui passaient encore, car ce sont ces derniers qui cherchent des arbustes-là pour entourer et garder les bœufs pour que  ceux-ci ne partent pas », se souvient-il tout en relevant  qu’ils restaient sous le soleil ardent pour cultiver. « Quand  on part le matin, lorsque les  gens quittent le soleil pour aller rester sous l’ombre, nous étions les seuls à rester et à travailler et personne n’avait de superficie cultivée plus grande que la nôtre à l’époque », déclare Abraham Nanda.

Abraham Nanda sous l’impulsion de cette éducation s’est-il lancé lui-même très tôt dans plusieurs activités. « Très tôt je fais le jardinage, le champ de manioc à Nano, je faisais les chaussures aussi, j’étais cordonnier et au marché de Nano, je  coiffais les gens. Lorsque j’étais au CEG, je faisais des matelas que je vendais à mes profs. J’ai commencé très tôt, l’entreprenariat.», laisse entendre Nanda qui donne d’utiles conseils aux jeunes.  « Il faut être ouvert au monde et aux informations, dit-il, avant de poursuivre : «  Les jeunes doivent déjà penser à leur avenir dès maintenant et penser à l’alternative après les études s’ils ne sont pas engagés. Créer votre propre entreprise, ce n’est pas forcément avec des millions qu’on commence. Aujourd’hui, les jeunes ne veulent pas travailler pour gagner l’expérience, ils veulent travailler pour avoir de l’argent. Nous devons être persévérant et cesser d’écouter ceux qui sont négatifs », conseille ce fils de la savane.

 Hélène Doubidji

Last modified on Thursday, 13 July 2017 16:05

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